colorado de rustrel

 

Le Colorado de Rustrel dans le parc naturel du Luberon (84 - Vaucluse) est un site privé composé d’anciennes carrières d’ocre aux couleurs chaudes rappelant le grand canyon en Arizona aux Etats Unis.

colorado de rustrel colorado de rustrel

Si sa taille (de 1 km à 5,5 km sur des dénivelés allant de 10 à 150 m) n'a rien à voir avec le grandiose des montagnes américaines, il n'en demeure pas moins que vous serez happés par la flamboyance des paysages.

Le Colorado se Rustrel se prête à la balade (promenade libre ou visite guidée) sur 2 parcours. Il s'étend sur plus de 30 hectares.

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Le Colorado de Rustrel est géré par une association créée par les propriétaires du lieu ainsi que des bénévoles pour préserver ce patrimoine ocrier.

Sur place un grand parking (5 euros) et la Maison du Colorado qui vous permettra d’acheter un souvenir du Colorado Provençal : cartes postales, ocres, pigments, artisanat local, …

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Pour préserver la beauté du site, il n'est pas du tout sécurisé, voir dangereux à certains endroits. A vous de vous responsabiliser et attention donc à ne pas chuter !

colorado de rustrel colorado de rustrel

Le Colorado de Rustrel, façonné par la nature, a été exploité à la fin du 19ème siècle par les hommes.

 

Historique

colorado de rustrel

A l'ère secondaire, il y a 230 millions d'années, la Provence est recouverte par la mer.

Les sédiments s'accumulent au fond des eaux et forment les calcaires blancs du pays : Mont Ventoux, Luberon, Monts de Vaucluse et Plateau d'Albion.

Vers - 110 millions d'années, la mer s'approfondit.

Les argiles grises recouvrent les calcaires : ce sont les "terrains aptiens", visibles au bord de la Doa. Puis ce bassin marin étant presque comblé, des sables colorés en vert par un minéral de la famille des argiles (la glauconie), vont se déposer au dessus.

Vers - 100 millions d'années, un bouleversement important se produit : une partie de la Provence se trouve hors de l'eau avec un climat tropical humide, dont les pluies pénètrent en profondeur et altèrent les sables verts émergés par infiltration.

Ceux-ci se transforment alors en sables ocreux (dont la couleur est due à la présence de deothite), puis en sables blancs avec la cristallisation d'autres minéraux (kaolinite).

En surface, l'hydroxyde de fer se concentre jusqu'à 70%.

 

Les grandes dates de l'industrie ocrière

colorado de rustrel

1871 : Jean l'Allemand établit à l'emplacement de l'Usine de fer "du Bas" le 1er lavage d'ocre du pays.
1885 : 12 chantiers de minerai d'ocre sont déclarés à la Mairie.
1895 : Installation des premiers moteurs à gaz pauvre pour actionner les pompes des lavages d'ocre.
1900 : 10 chantiers produisent 20550 tonnes d'ocres.
1925 : 22 chantiers qui occupent 84 ouvriers.
1992 : Arrêt du dernier chantier en activité.
De nos jours, la Société des Ocres de France continue à prélever de l'ocre à Rustrel.

 

Les qualités fondamentales de l'ocre

colorado de rustrel

- Pouvoir couvrant et colorant (miscibilité dans tous les liquides, pas de réactions avec les chaux, les silicates et les ciments)
- Inaltérabilité aux ultraviolets
- Non toxicité
- Prix de revient peu élevé.

 

Utilisation des ocres

colorado de rustrel

- Colorant alimentaire : peaux des saucisses de Strasbourg, chocolat pendant la guerre (où l'on manquait de cacao), tabac a priser, papier des cigarettes Gitanes maïs, filtres à cigarettes, croutes de fromages...
- Médecine : propriétés dessiccatives (qui a la propriété de dessécher) et astringentes (facilite la cicatrisation), pansements gastriques au Moyen Age.
- Pour nettoyer l'argenterie, polir les métaux, les glaces, raviver la couleur des carreaux de terre cuite.
- Pour protéger le bois de l'eau (volet, coques de bateaux...)
- Fabrication de papiers peints, de linoléum, papier carton, peintures.
- Coloration du caoutchouc (chambre à air, bottes en caoutchouc, rondelles de bocaux).
- Cosmétiques (fonds de teint).

 

L'extraction de l'ocre

extraction ocre

A Rustrel, l'extraction du minerai se faisait à ciel ouvert.
Pour cela, on déboisait le sol, retirait la couche stérile, puis on faisait sauter la couverture ferrugineuse à l'explosif ou à la main. Le minerai était ensuite attaqué au pic et parfois à l'explosif.
Les ocriers travaillaient avec un certain nombre d'outils, tels que des pioches de différentes formes, des barres à mine...
Actuellement, l'extraction s'effectue au bulldozer, qui pousse l'ocre jusqu'au lieu de lavage.

 

Le lavage

lavage ocre

Pour les chantiers disposant d'une source, l'eau était récupérée dans des bassins au dessus du chantier et on la faisait couler par des tuyaux jusqu'au tas d'ocre à laver. Lorsqu'il n'y avait pas de source, des stations de pompage de l'eau de la Doa étaient nécessaires.
Ces stations étaient actionnées par des moteurs à gaz pauvre, à huile lourde, puis électriques. Ces moteurs étaient protégés dans des cabanons de brique. Le tas de minerai était ensuite lavé au jet et l'eau chargée de minerai s'écoulait à travers des valts (ruisseaux) ou des fossés.

 

La Séparation

La séparation s'effectuait par gravité dans les valts ou les fossés pour arriver dans les bassins de décantation.
Plus lourd, le sable se déposait tout au long du parcours, aidé par des batardeaux (barrage) qui gagnaient en hauteur au cours de la journée.
Le soir on enlevait les réhausses successives des batardeaux et on évacuait le sable.

 

La décantation

decantation ocre

L'ocre se déposait peu à peu en fines couches au fond des basssins de décantation.
Tous les matins, l'eau décantée était vidée et remplacée par celle chargée d'ocre. Quand la couche d'ocre atteignait environ 40 cm, elle était abandonnée à l'action du vent et du soleil.

 

Le séchage

sechage ocre

A la fin mai, lorsque l'évaporation avait donné à l'ocre d'un bassin la consistance du beurre, on griffait sa surface à l'aide d'un traîneau à 4 pointes.
Cette opération permettait d'accélérer l'évaporation, d'éviter les craquelures et enfin de pré-former des mottes d'ocres.

 

Le stockage

Les mottes étaient ensuite sorties et empilées sous forme de murs, avec une base plus large et un sommet constitué de morceaux plus petits, pour assurer une bonne résistance au ruisellement de la pluie. L'ocre était parfois stockée dans des hangars.
Une fois sèche, l'ocre était transportée à l'usine où elle était traitée (cuisson, broyage et blutage).

  

 

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