sida (VIH)

 

C'est la première fois que la médecine progresse aussi "vite" pour une maladie aussi importante : en 20 ans, on est passé de la sidération et l'impuissance à la possibilité de soigner les infections liées aux virus, puis à la découverte de traitement capables de faire profiter les malades d'une véritable rémission. Et pourtant, malgré les avancées majeures, l'épidémie continue de progresser à un rythme effréné : 3,1 millions de mort en l'an 2004 et 39 millions de personnes infectées dans le monde… L'inégalité des traitements devient de plus en plus insupportable : au Nord 90 % de médicaments, au Sud 90 % des malades. En Occident, depuis 1996, l'association de trois molécules antivirales permet, non de guérir du SIDA, mais de prolonger significativement la vie du malade. Dans les pays pauvres, faute de médicaments, les patients continuent de mourir de maladie bénigne dans le couloir des hôpitaux transformé en mouroirs…

 

SIDA : les débuts d'une épidémie

1981 : Des médecins de New York observent chez de jeunes homosexuels une forme très rare de cancer de la peau ( le sarcome de Kaposi) ainsi qu'une pneumonie due à un parasite appelé pneumocystis carinii. L'information de cette maladie remonte jusqu'au Centre de Contrôle des maladies d'Atlanta ( CDC : Centers for Disease Control).

1982 : la maladie se développe. A la fin de l'année 1982, 750 cas sont recensés par le CDC. Les médecins constatent alors que tous les malades possèdent un système immunitaire excessivement affaibli et sont donc extrêmement sensible à toutes infections. A cette époque la maladie se développe presque exclusivement dans les milieux homosexuels, toxicomanes et hémophiles. Cela laissa présumé que le mode de transmission de la maladie était sexuel ou sanguin. En parallèle avec les Etats Unis, la maladie se développe en Europe. Cette nouvelle maladie d'origine inconnue fut appelée AIDS ( Acquiered Immuno Deficiency Syndrome) en français le SIDA (Sydrome d'Immno Défience Acquise).

1983 : En janvier, le professeur Montagnier et son équipe de l'Institut Pasteur découvrent et isolent en culture le virus à partir d'un prélèvement effectué sur un patient atteint du SIDA. A la fin de l'année on recense déjà 3000 cas de SIDA aux Etats Unis touchant principalement les grandes villes.

1984 : une polémique scientifique s'engage. Le professeur Gallo revendique la découverte du virus SIDA qu'il isole en 1984. Il appelle ce virus " HTLV-III ". La découverte de l'Institut Pasteur n'est pas reconnue et une " guerre scientifique " pour s'approprier la paternité de cette découverte s'installe.

1986 : La Commission Internationale pour le HTLV-III retiens une dénomination commune pour ce virus : VIH ( Virus de l'Immunodéficience Humaine). Suite à la découverte d'un second virus ( VIH-2) chez des patients originaires d'Afrique de l'Ouest par le professeur Montagnier, le premier virus s'appelle VIH-1. Ces deux virus provoquent les mêmes symptômes et aboutissent à la même maladie alors qu'ils possèdent des différences même si celles ci sont minimes.

 

L'évolution de la maladie

L'infection due au SIDA se déroule en 3 étapes :

- La primo infection : c'est une phase durant laquelle le virus s'attaque aux Lymphocytes TCD4 chez lesquels il se multiplie intensément. Des symptômes clinique apparaissent (fièvre, maux de tête, pharyngite…) mais ne laisse présager en rien du virus du SIDA. Cette phase apparaît six semaines après la contamination et dure environs deux semaines après quoi ces symptômes disparaissent. L'organisme, grâce à son système immunitaire produit des anticorps anti-VIH qui neutralisent certains agents infectieux mais cette élimination est incomplète et le virus continue à se propager dans l'organisme.

- L'infection chronique : Le virus envahit les organes lymphoïdes où il provoque une infection chronique qui évolue lentement sur plusieurs années. Les lymphocytes CD4 sont progressivement détruits. Cette phase est dite "phase de latence clinique" car il n'y a aucun signe évocateur de la maladie.

- Le SIDA : cette phase est la conséquence directe de la destruction des Lymphocyte CD4. A ce stade, les patients sont sensible à tout type d'infections (infections opportunistes) dont la rémission est parfois difficile. Plus le taux de CD4 dans l'organisme diminue et plus des maladies ont l'opportunité d'apparaître comme notamment : la pneumopathie bactérienne, l'herpès, le zona, la tuberculose, la leucoplasie chevelue, la pneumocystose, la toxoplasmose…

 

Sidaction 2011 : les 10 chiffres clés du sida en France et dans le monde

33,2 millions : c'est le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Presque trois millions d'individus ont été infectés en 2010. Deux millions de personnes sont mortes l'an dernier. 150.000 : c'est le nombre de personnes vivant avec le VIH en France.

6.700 : c'est le nombre de personnes qui découvrent leur séropositivité par an en France.

50.000 : c'est le nombre d'individus qui ignoreraient leur statut sérologique en France.

20 : c'est le nombre de personnes qui apprennent leur séropositivité par jour en France.

35 : c'est la somme, en euros, nécessaire pour offrir à un malade du sida en Afrique une trithérapie et un accompagnement médical pendant un mois. Au total, 22,5 millions de personnes vivent en Afrique avec le VIH, soit 68% des personnes séropositives dans le monde.

83 : c'est la somme, en euros, nécessaire pour permettre à un chercheur doctorant de travailler sur le virus pendant une journée.

10 : c'est le pourcentage des nouvelles contaminations qui concernent les 15-24 ans en France, soit 2 cas par jour.

71 : c'est le pourcentage des 15-24 ans qui n'ont jamais fait de test de dépistage.

2,3 millions : c'est le nombre d'enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dans le monde.

 

Localisation géographique de la maladie 

L'épidémie touche essentiellement les pays pauvres. Environs 95 % des personnes infectées par le VIH vivent dans les pays en voie de développement. L'Afrique comptabilise 70 % des personnes infectées dans le monde avec un total de 13,7 millions d'Africains déjà emportés par la maladie. En 1997, 85 % de la population infectée n'était pas recensée, ceci étant dû principalement aux manques de moyens et aux faibles possibilités de diagnostique dans les pays en voie de développement. Cela signifie que 15 % des cas de SIDA seulement sont identifié de façon certaine dans le monde. Le nombre de contaminations total est donc bien supérieur aux estimations.

 

Localisation humaine de la maladie 

 

Le milieu homosexuel masculin : En Amérique du Nord le milieu homosexuel masculin représente 50 % des cas de SIDA et 80 % des contaminations par voie sexuelle. En Europe le milieu homosexuel représente 38,5 % des cas de SIDA.

Le milieu hétérosexuel : 3 infections sur 4 sont dues à une transmission entre un homme et une femme. Le préservatif est inconcevable dans certaines sociétés.

sida contamination sida capote

Les jeunes : Plus de 50% des nouvelles contaminations ont lieu chez les jeunes entre 15 et 25 ans. Les jeunes femmes sont en moyenne deux fois plus touchées que les jeunes hommes.

Les hémophiles : Quasiment tous les pays européens ont connu le problème des dérivés sanguins contaminés malgré les recommandations élaborées par la communauté européenne en 1983.

Les transfusés : Le dépistage du virus VIH est obligatoire depuis juillet 1985. Le risque de contamination est au " risque zéro " cependant on n'est pas à l'abri d'une éventuelle erreur.

Les Toxicomanes par voie intraveineuse : En France les cas de SIDA chez les toxicomanes représentent environs 35% de cette population, en Asie du Sud Est, ce chiffre atteint 40% et 60% en Italie et en Espagne. Le virus du SIDA se propage donc de façon fulgurante par ce moyen.

sida seringue

 

Diagnostic et traitement

Un diagnostic précoce du VIH est important pour plusieurs raisons : des traitements existent pour ralentir l'affaiblissement du système immunitaire ainsi que pour aider à prévenir les infections que les personnes atteintes du VIH peuvent contracter. Le traitement du VIH et lourd et complexe, c'est pourquoi un dépistage rapide est préférable pour un meilleur traitement.

Le sida se soigne, mais ne se guérit pas.
Au fur et à mesure de l’évolution de l’infection, le système immunitaire se dégrade, il devient de plus en plus faible face aux différentes attaques bactériologiques : bactéries, parasites, champignons, virus et à la multiplication de cellules cancéreuses. D'où l’apparition de maladies que l’on appelle "infections opportunistes". Ces germes, inoffensifs chez les personnes en bonne santé, trouvent un terrain propice pour se développer chez les patients atteint du VIH.

 

Où en est la recherche ?

Chaque année, malgré la forte mobilisation des français, le sida continue son expansion à travers le monde. Cette constatation démontre que la communication autour de cette maladie est encore insuffisante et les progrès trop lent même s'il est vrai que la recherche a fait des progrès considérables. Des traitements qui permettent de lutter contre la multiplication du virus, de soutenir le système immunitaire et soigner les maladies opportunistes sont aujourd’hui disponibles. En revanche aucun traitement ou projet de vaccin n’a, à ce jour, réussi à éradiquer le VIH et permettre une guérison complète.

Le VIH étant un virus, un "antirétroviral" est un médicament qui l’empêche de se multiplier dans l’organisme. Utilisé seul, il a une efficacité limité ; associé à d’autres médicaments, il est plus performant : c’est ce qu’on appelle la multi-thérapie, ou tri-thérapie quand on associe trois médicaments. Ces traitements ont permis à des milliers de personnes vivant avec le VIH de prolonger leur existence dans les meilleures conditions possibles. Ces médicaments ont des effets secondaires importants : ils peuvent provoquer des déficiences en globules blancs ou rouges, endommager le pancréas ou les terminaisons nerveuses, sans oublier les troubles du sommeil, les nausées, les diarrhées. La mise sous traitements repose sur des critères biologiques et psychologiques.

 

Pour en savoir plus : Sida Info Service 0800 840 840  - www.sida-info-service.org

sida

 

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