jim jones

 

Jim Jones est né à Lynn, une petite ville dans l’Indiana. Jim décrivait son père comme un "vieux péquenaud, méchant et raciste". Ce n’est qu’après sa mort qu’il apprit que son père prenait activement part au Ku Klux Klan. Sa mère était plutôt libérée pour l’époque, elle portait des pantalons et fumait comme un homme. Elle était convaincue d’avoir fait le tour du monde dans une vie antérieure et avait révélé à son fils qu’il était destiné à aider les pauvres. Elle lui racontait régulièrement des récits extravagants, des histoires de sortilèges, d’âmes et de magie noire pour l’aider à trouver le sommeil.

Jim Jones grandit dans un Etat profondément protestant. A l’âge de 12 ans, il rédigea ses premiers sermons, ponctués de passage sur l’enfer, le feu et la damnation. Jim Jones travaillait comme portier dans un hôpital presqu’essentiellement entouré de la communauté noire et pauvre d’Indianapolis. A 16 ans, Jim Jones rencontra une infirmière qu’il épousa peu après.

Bien qu’intéressé par la médecine et les animaux, Jim Jones fit le choix de devenir Pasteur. Sa carrière débuta au porte à porte acquérant ainsi de l’expérience dans l’art de devenir prédicateur. Mais très vite il fut exclu de l’Eglise méthodiste où il clamait avoir pris de train en compagnie de Dieu… devant une assemblée majoritairement blanche plutôt pantoise. Mais Jim Jones ne renonça pas pour autant, en 1957 il fonde le Temple du Peuple à Indianapolis, puis émigre en 1965 en Californie. Ce n’est qu’en 1974 que Jim Jones achète 13 500 hectares de terrain au Guyana.

jim jones jim jones

 

Jonestown

Il s’établie donc à Jonestown au Guyana où il fit venir ses fidèles du "temple du Peuple" leur promettant de construire loin de tout, dans les régions inexploitées d’Amérique du Sud, une nouvelle vie sans racisme et sans oppression. Mais la liberté promise ne fut pas au rendez-vous, certains membre du groupe s’enfuirent alors pour aller raconter à la presse se qu’il se passait réellement là bas…

Il s’agissait d’une secte, Jim Jones exerçait une domination sexuelle et mentale sur ses disciples. Ceux qui n’exécutaient pas les ordres du révérend Jim Jones étaient humiliés lors de rituels devant le groupe.

A l’arrivé d’un nouveau membre, Jim Jones demandait le passeport et les objets de valeur avant que celui-ci puisse entrer dans la communauté, ce qui rendait tout départ impossible. De nombreux proches de ces familles commencèrent à être inquiets de n’avoir aucune nouvelle et à se regrouper pour alerter la presse et créer un "comité des parents inquiets". Sam Houston, journaliste pour Associated Press accusa la secte d’avoir assassiné son fils, qui après une violente dispute avec le révérend Jones fut victime d’un accident ferroviaire. Un accident auquel Sam Houston ne pu se résoudre à accepter et il demanda au député Ryan d’enquêter.

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Le 24 octobre 1978 la Commission des Affaires étrangères du Congrès donne son feu vert. Jim Jones est contraint d’accepter cette visite sous peine de se voir couper l’accès aux fonds américains de la secte.

leo ryanIl pose néanmoins des conditions, celle que Leo Ryan vienne sans journaliste et surtout sans "traite" (quelqu’un ayant appartenu à la secte et l’ayant fuit), mais Ryan refuse les conditions. Le 17 novembre 1978, Le député Leo Ryan se rend en Amérique du Sud à Guyana avec une équipe de journalistes et des membres du Comité des Parents Inquiets. Ils sont donc venus enquêter sur les agissements du révérend Jim Jones accusé par la presse américaine de réduire en esclavage plus d’un millier de ses fidèles.

L’accueil fut des plus amicales. Leo Ryan fit le tour des installations avec son équipe. A 20 heures, ils furent invités à dîner pendant que l’orchestre de Jonestown se mit à jouer. La soirée fut plutôt festive, les jeunes envahirent la piste de danse et les plus âgés battaient le rythme dans leurs mains... un sourire affiché sur le visage.

Le lendemain Monica Bagby confia discrètement un message à Don Harris, journaliste de la NBC. Elle lui demanda d’aider son ami Vern Cosney à fuir avec eux. Neuf membres de la secte profitèrent de la présence des journalistes pour s’échapper du camp au lever du jour. Pendant ce temps Don Harris fit l’interview de Jim Jones, lequel confia sans pudeur qu’il avait de nombreuses relations sexuelles avec ses fidèles. Un autre reporter demanda à Jim Jones pourquoi les gardes chargés de la sécurité du camp étaient armés et pourquoi les personnes qui souhaitaient partir étaient menacées. Jim Jones répondit qu’il s’agissait de mensonges, que les gens étaient libres de faire ce que bon leur semblent.

jim jones6Au même moment un des gardes avertit Jim Jones qu’Edith Parks avait demandé à Leo Ryan s’il pouvait lui permettre de partir avec eux… 20 autres personnes firent la même demande au fils du temps… Les proches de Jim Jones le persuadèrent de laisser partir ceux qui le voulaient, ils le convainquirent

en lui disant qu’ils ne représentaient qu’un petit nombre par rapport aux disciples qu’ils restaient et que ca n’aurait pas d’incidence sur leur vie à venir. Mais Jim Jones devenait nerveux et complètement hystérique. L’atmosphère qui régnait au camp devenait de plus en plus lourde et menaçante. Larry Layton, surnommé le "robot" de Jim Jones demanda à rejoindre le groupe de personnes souhaitant partir ce qui inquiéta tout le monde. En dépit d’une fouille, il réussit à monter dans l’avion avec un revolver. Un tracteur de la communauté arriva immédiatement sur la piste à Port Kaituma, et une vingtaine  d’hommes armés en sortirent. Larry Layton ouvrit le feu sur Monica Bagby et mit une balle dans la tête du pilote.

Des coups de feu retentirent à l’extérieur. Le député Leo Ryan ainsi que trois journalistes de la NBC s’effondrèrent sous des rafales de balles. Trois autres journalistes et trois des fugitifs furent blessés.

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Au sol les corps du député Leo Ryan, de Robert Brown, cameraman de la NBC, de Don Harris, journaliste à la NBC et de Greg Robinson, photographe du San Francisco Examiner.

 

Le suicide collectif

Pendant ce temps Jim Jones rassembla ses fidèles et leur expliqua que Layton avait tué le pilote de l’avion et qu’il s’était écrasé. Il affirma que le gouvernement enverraient des soldats pour les combattre mais qu’il ne pouvait pas riposter parce qu’il s’agissait de frères socialistes noirs. La seule issue était le suicide collectif. Le personnel médical de Jonestown prépara une boisson à bas de Valium et de Cyanure. Tout le monde se mit en file, d’abord les bébés, les enfants puis les femmes et les hommes. Jim Jones leur avait assuré que c’était une mort sans douleur mais un petit mouvement de panique eut lieu lorsque les enfants furent pris de convulsions et se mirent à pleurer. Jim Jones parvint néanmoins à calmer ses disciples en leur disant que la boisson avait juste un gout très amer. Personne n’opposa de résistance, chacun son tour, les fidèles de Jim Jones avalèrent un verre de poison et allèrent s’allonger dans le champ pour se laisser mourir. Quand ils eurent finis, Jim Jones et Annie Moore, l’infirmière qui distribuait le poison, se tirèrent une balle dans la tête. Devant cette scène apocalyptique, difficile de comprendre comment un seul homme a pu contraindre neuf cent quatorze personnes à mourir.

 

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