albert henry desalvo

 

Une série de meurtres sèment la terreur à Boston

 

anna slesersLe 14 juin 1962, Juris Slesers gare sa voiture devant une maison au 77 Gainsborough Street vers 19 heures. Il monta sonner chez sa mère Anna Slesers qui attendait sa visite mais n'obtint pas de réponse. Juris Slesers attendit sur le pas de la porte et continua à frapper à la porte pensant que mère écoutait la musique trop forte et n'entendait pas ses appels. A 19h45, convaincu qu'il se passait quelque chose d'anormal, il défonça la porte et manqua de tomber sur une chaise placée au milieu de l'entrée. Il se dirigea dans la chambre et découvrir les tiroirs de la coiffeuse grands ouverts. Il découvrit ensuite sa mère étendue sur le sol de la cuisine les jambes écartées. Son peignoir, ouvert sur le devant, laissait entrevoir son corps nu. La ceinture bleue de son peignoir était serrée autour de son cou. Juris appela la police qui constata le décès à son arrivée.

Juris raconta que sa mère s'était probablement suicidée, mais l'inspecteur James Mellon et le sergent John Driscoll se forgèrent une toute autre opinion. La baignoire était remplie au tiers d'eau, le désordre dans l'appartement, laissaient présager qu'Anna Slesers avait été surprise par son meurtrier au moment de sa toilette.

L'autopsie révéla qu'Anna Slesers avait reçu une blessure à la tête, consécutive à un coup ou à un choc, et confirma qu'elle avait bien été étranglée. Aucun indice n'indiquait qu'elle avait été violée mais elle avait subi des violences sexuelles.

Ce qui était troublant c'est qu'Anna Slesers était une femme timide et réservée, et nul ne l'avait jamais vu en compagnie d'un homme. Il était encore moins probable qu'elle ait ouvert la porte à un inconnu alors qu'elle était en peignoir... La police ne trouva pourtant aucune trace d'effraction.

Le second point troublant dans l'affaire, c'est que les tiroirs ouverts laissent penser à un cambriolage qui aurait mal tourné, pourtant des bijoux et une montre en or avaient été négligés par le meurtrier. Ils constatèrent que le meurtrier a pris son temps pour examiner avec soin les affaires de la victime plutôt que de se livrer à une mise à sac.

Durant les jours qui suivirent une soixantaine de personnes furent interrogées mais en vain.

Le 30 juin 1962, Thomas Bruce, concierge, retrouva le corps de Nina Nichols, 68 ans, tuée dans des conditions similaires. Nina Nichols avait été étranglée à l'aide de bas de nylon lui appartenant. Son peignoir et sa combinaison avait été remonté jusqu'à la taille, la laissant à demi nue. Le mobile n'était pas encore cette fois le vol, puisqu'un appareil photo d'une valeur de 300 dollars avait été laissé sur place. Et encore une fois, aucune effraction.

Nina Nichols était veuve depuis plusieurs années et n'avait pas d'homme dans sa vie.

Le préfet de police Edward Mc Namara convoqua les responsables de section à une réunion le 2 juillet. Avant même que la réunion ne fut fini, Mc Namara fut informé qu'un troisième corps avait été retrouvé.

helen blakeIl s'agissait d'Helen Blake, 65 ans, infirmière en retraite, retrouvée étranglée avec un bas de nylon à son domicile, 73 Newshall Street à Lynn, au nord de Boston. Comme les deux précédentes, Helen Blake avait subit des violences sexuelles sans avoir été violée. L'autopsie permit de déterminer que sa mort remontait au 30 juin quand le corps a été découvert, le même soir que Nina Nichols.

La police compris qu'elle avait à faire à un seul et même meurtrier et se mobilisa pour la plus grande chasse à l'homme de l'histoire de Boston. Les psychiatres dressèrent un portrait psychologique du tueur : il devait avoir entre 18 et 40 ans, être en proie à un délire de persécution et éprouvait de la haine envers sa mère.

La police lança un appel pour inviter les femmes seules à tenir leurs portes fermées et à se montrer particulièrement vigilantes. Un numéro d'appel d'urgence fut mis en place.

Un spécialiste du FBI donna un séminaire à une cinquante de détectives triés sur le volet, parmi eux, le lieutenant Edward Sherry, le lieutenant John Donovan, chef de la brigande criminelle de Boston, James Mellon et le détective Phil DiNatale.

Terrorisée les femmes se barricadent chez elles. Démarcheurs et releveur de compteur trouvent portes closes. La vente de verrou de sécurité et de chiens augmente considérablement. Les femmes prennent le taxi pour faire leur course et demande aux chauffeurs d'attendre qu'elle soit bien rentrée chez elles.

ida irgaPlus d'un mois s'écoula mais le 21 août 1962, Ida Irga, retraitée de 75 ans, fut retrouvée étranglée dans son appartement, au 7 Grove Street, à l'Ouest de Boston. Ida Irga était morte depuis deux jours environs, elle avait les jambes écartées, un coussin sous les fesses, les chevilles attachées aux montants de deux chaises, dans une position presque gynécologique. L'étrangleur serait passé par les toits.

Pour calmer l'hystérie collective, le Boston Herald publia un éditorial sur les risques statistiques pour quiconque de devenir la prochaine victime de "l'étrangleur fou", surnom donné à l'assassin dans les journaux.

jane sullivanLe 30 août 1962, le corps de Jane Sullivan fut retrouvé dans son appartement au premier étage au 435 Columbia Road à Dorchester dans un quartier animé. Il s'agissait d'une infirmière de 67 ans. Sa mort remontait à dix jours, soit au 20 août 1962 à 24 heures d'intervalle de Ida Irga.

Une cinquantaine d'homme furent choisit pour former un Groupe Tactique d'Intervention. Début septembre le docteur Richard Ford organisa une réunion avec des policiers, des médecins légistes et psychiatres pour tenter d'établir un profil de l'assassin : homme d'apparence normale, travaillant quotidiennement, bien intégré.

 

sophie clarkLe 5 décembre 1962 Sophie Clark fut retrouvée étranglée dans son appartement. Son profil différait des précédents, puisqu'elle n'avait que 20 ans, elle était noire et ne vivait pas seule et contrairement aux autres victimes, elle avait été violée. C'est sa colocataire qui l'a retrouvée. Celle-ci l'a d'abord appelé par deux fois, inquiète de n'avoir aucune nouvelle elle décide de rentrer à l'appartement, en arrivant au quatrième étage elle remarque que le compteur électrique est ouvert, l'appartement est fermé avec un verrou qu'elles n'utilisaient jamais, et une fois à l'intérieure elle découvre le corps de son amie gisant sur le sol.

Le 31 décembre 1962, c'est Patricia Bissette, jeune secrétaire de 23 ans qui fut la proie du tueur. Le 6 mai 1963 le corps de Beverly Samans, 23 ans, jeune étudiante à Cambridge, fut retrouvée. Elle avait été étranglée mais succomba à des coups de couteau dans la gorge. Les deux jeunes femmes avaient également été violées.

 

patricia bissette beverly samans
Patricia Bissette - Beverly Samans

 

La police contrôla plus de 5000 personnes ayant un passif dans les agressions sexuelles, les patients sortis d’hôpitaux psychiatriques, interrogé des milliers de personnes et questionné plus de 400 suspects... mais l'enquête ne donna rien, aucun indice concluant!

 

Collaboration avec le médium Peter Hurkos

peter hurkosLe 29 Janvier 1963, Peter Hurkos, médium hollandais accompagné de son garde du corps, Jim Crane, arrivèrent à Lexington, à 25 kilomètres de Boston. Le lendemain dans la chambre d'hôtel où il logeait, le médium commença à dresser le portrait de l'assassin et fit des révélations stupéfiantes.

Il décrivit un homme mince d'environs 1,70 mètre, pesant entre 60 et 65 kilos, possédant un nez pointu, une cicatrice sur le bras et un pouce abîmé. Il ajouta : "il aime les chaussures".

Julian Soshnick, détective, lui tendit un paquet de photographies qu'il sépara en plusieurs piles. Peter Hurkos les toucha et posa sa main sur un pile, sans même les consulter, il décrit avec exactitude la position de la victime sur la photo : "il y a une femme morte, les jambes écartées. Je la vois, je vais vous montrer" et s'allongea sur la moquette pour décrire la scène qu'il voyait dans sa tête. Devant les témoins incrédules, Peter Hurkos continua pour les autres victimes.

Peter Hurkos entoura au crayon sur une carte une zone englobant Boston College et St John Seminary et déclara que l'assassin avait vécu là. Il s'écria : "je vois un prête... non, ce n'est pas un prête, c'est un médecin qui travaille à l'hôpital". Le lendemain Peter Hurkos fut conduit à Boston pour examiner l'affaire avec John S. Bottomly. Sur le chemin il s'agita brutalement devant le 1940 Common Wealth Avenue et dit "Une chose horrible, affreuse, une chose terrible s'est passée ici". C'était l'endroit où Nina Nichols, troisième victime de l'étrangleur avait été retrouvée.

La nuit qui suivit Peter Hurkos proféra dans son sommeil des paroles en portugais, langue qu'il ne connaissait pas, au sujet d'une personne nommée Sophia (le père de Sophie Clark, était portugais, ce que le médium ne pouvait en aucun cas savoir) et se lança un dialogue avec l'assassin, qu'il imitait dans son rêve avec une voix douce, haute-perchée et un accent bostonien assez efféminé.

John S. Bottomly, n'écarta aucune piste, et pris au sérieux les révélations de ce médium. Il fit vérifier les informations sur cet homme, qui d'ailleurs avait figuré sur la liste des suspects. Il mesurait 1,71 mètre, pesait 59 kilos, possédait un nez pointu et avait un passif psychiatrique. Il avait fréquenté St John Seminary et vendait des chaussures pour femmes au porte-à-porte. Alors qu'on l'examinait, on découvrit que son bras gauche portait des cicatrices et que son pouce était déformé. Tous les éléments concordaient, cependant l'homme n'avait rien à dire, et rien ne le reliait aux victimes. Connu des services de police il fut placé préventivement dans un établissement de soins psychiatriques, Bottomly prit un très gros risque. La crédibilité de Peter Hurkos fut soudainement remise en cause lorsqu’il fut accusé d’avoir usurpé quelques mois auparavant l’identité d’un agent du FBI. Bien qu’il ait été lavé de tout soupçon, le "Bureau de l’Etrangleur" vu son image se ternir lorsque les habitants de Boston découvrirent la non-culpabilité du vendeur de chaussures. La collaboration de Peter Hurkos avec la police pris fin, il quitta Boston le 5 février 1963.

 

evelyn corbinLa liste s'allonge : Le 8 septembre 1963, Evelyn Corbin, 58 ans fut assassinée; le 23 novembre ce fut au tour de Joan Graff. Son crime fut qualifié d'acte "le plus mégalomane de toute l'histoire criminelle moderne" par un psychiatre, parce qu'il a été commis le 23 novembre, le lendemain de l'assassinat de John F. Kennedy à Dallas dans l'Etat du Texas alors que ce jour avait été décrété jour de deuil national. L'émotion est encore plus vive à Boston, ville natale des Kennedy.

mary sullivanUne onzième victime fut découverte, il s'agissait de Mary Sullivan, 19 ans. Les détails de la scène de crime marquèrent fortement les esprits. Le rapport de police faisait état d'une jeune fille adossée à la tête de lit, un oreiller sous les fesses, la tête inclinée sur l'épaule droite, les genoux relevés, les yeux clos, un liquide visqueux s'écoulant de la bouche sur le sein droit, la poitrine et le bas du corps dénudés, un manche à balai inséré dans le vagin et des taches de spermes sur la couverture. Autour de son cou un bas noué, et deux écharpes formant un gros nœud sous le menton. Entre les orteils du pied gauche, l'assassin avait placé une carte de vœux colorée où on pouvait lire "Bonne année". La police découvrit sur place un morceau de papier aluminium servant à emballer les pellicules photos et en déduisit que le tueur avait certainement pris des clichés de sa macabre mise en scène avant de quitter les lieux.

Deux semaines plus tard, Edward W. Brooke Jr, procureur général, annonça que l'enquête serait confiée au bureau du Procureur général de l'état du Massachussetts, la plus haute instance juridique de l'Etat. Il nomma John S. Bottomly, son assistant, à la tête des investigations.

Jusqu'alors les investigations étaient faites par des services différents, et l'éparpillement géographique des responsables avait engendré des problèmes de communication. Des éléments importants n’avaient pas été divulgués par crainte de fuite dans les médias. John S. Bottomly créa un bureau central pour regrouper l'ensemble des éléments et étudier l'enquête dans sa totalité.

La récompense pour capturer l'étrangleur de Boston passa de 5000 à 10 000 dollars. La police commença à se questionner sur l'identité de l'étrangleur et se demanda s'il s'agissait d'un seul et même homme ou s'il y avait plusieurs meurtriers.

L'opinion publique était qu'un meurtrier était responsable des premiers meurtres de "vieille dames", et qu'un ou plusieurs assassins avaient imité l'étrangleur pour tuer des "jeunes filles". Le quartier où résidaient ces dernières était proche de lieux du milieu homosexuel, et l'opinion générale avait interprété ça comme une ultime moquerie d'un homme haïssant les femmes.

 

Collaboration avec le détective et psychiatre James Brussel

Installé à New York, James Brussel est l'un des pionniers de la technique du profil psychologique, établi à partir de la typologie des crimes commis. Il devient célèbre dans les années 1950 avec m'affaire du Plastiqueur Fou de New York. Le Dr James Brussel avait en effet déclaré qu'il était original d'Europe Central, qu'il était catholique, célibataire, d'âge moyen avec un petit peu d'embonpoint et qu'il vivait dans la banlieue de New York avec un frère ou une sœur. Tous ces détails se vérifièrent.

En 1964, Brussel était le seul psychiatre du comité mis en place par Bottomly à soutenir la théorie de l'assassin unique. Il diagnostiqua une schizophrénie paranoïaque, et décrivit un homme musclé de taille moyenne, âgé de 30 ans environs, glabre, à chevelure épaisse, d'origine italienne ou espagnole et célibataire. D'après James Brussel chaque meurtre était un acte psychotique commis par un homme désireux de prouver sa puissance.

Les meurtres cessent aussi soudainement qu'ils ont commencé.

 

L'homme en vert : Agressions sexuelles dans le New Hampshire et le Rhode Island

Mais une série d'agressions sexuelles est commise dans le Connecticut, le Massachussetts, le New Hampshire et le Rhode island, surnommé "l'homme en vert" à cause de la combinaison de travail qu'il porte lors de ses forfaits, un déséquilibré pénètre dans des appartements, attache ses victimes et les violes. Il pénétrait par effraction dans les appartements occupés par des femmes en forçant le verrou à l'aide d'une bande de polyéthylène, les attachait à leur lit et sous la menace d'un couteau leur faisait subir des violences sexuelles, et, parfois, les violait, cependant souvent il s'excusait et partait avant de les violer.

Identifié par l'une de ses victimes qui a eut tout le temps nécessaire durant son viol pour le dévisager et donner à la police un portrait précis. En novembre 1964, la police interpelle un certain Albert DeSalvo.

 

Albert DeSalvo

albert desalvo3Marié et père de deux enfants, Desalvo est un technicien d'entretien qui a déjà fait de la prison. L'un de ses enfants est né avec une hanche déformé et porte des prothèses que Desalvo fixe avec des nœuds.

Brutalisé dans son enfance par un père violent, Albert DeSalvo s'engage dans l'armée. Aprés une inculpation d'attentat à la pudeur qui sera levée, il épouse une allemande avec laquelle il s'installe à Boston.

Formellement reconnu par la jeune femme dont il a abusé Albert DeSalvo est inculpé d'attentat public à la pudeur et effraction il est placé en observation et reconnu schizophrène, il vente alors ses prouesses sexuelles à son codétenu George Nassar et lui avoue qu'il est l'étrangleur de Boston. Mais comme la loi américaine l'autorise, il est laissé en liberté contre une caution de 8000 dollars.

Attiré par la prime de 10.000 dollars offerte pour la capture de l'étrangleur de Boston, George Nassar contacte son avocat Lee Bailey. Convaincu par son témoignage Bailey accepte de rencontrer DeSalvo. Dans l'interview enregistrée, Albert DeSalvo avoue les 11 meurtres ainsi que 2 autres dont la police n'avait pas connaissance : celui de Mary Mullen, 85 ans, retrouvée dans son appartement victime d'une crise cardiaque en juin 1962 et celui de Mary Brown en mars 1963, retrouvée poignardée et violée. En tout 13 femmes ont été victimes de l'étrangleur.

Il aurait également été le "Mesureur", période pendant laquelle Albert DeSalvo s'introduisait au domicile de femmes, leur faisant miroiter le métier de mannequin et flattant leur ego afin qu'elles le laissent rentrer chez elles. Il avoue être responsable d'au moins 2000 agressions sexuelles mais il n'explique pas pourquoi il a ensuite eut le besoin de passer au meurtre.

Albert DeSalvo décrit le noeud spécifique employé par l'étrangleur de Boston à Lee Bailey qui appela la police sans hésiter. A l'exception d'une ou deux erreurs, les détails donnés par DeSalvo se révèlent exacts. La police contacte le procureur général. La police se trouve dans un dilemme, en dépit des aveux d'Albert DeSalvo, elle n'a aucune preuve pour le faire condamné. En l'absence d'empreintes digitales ou d'expertises médicaux légales la culpabilité de DeSalvo doit être prouvée.

L'adjoint du procureur général décide de soumettre DeSalvo a un interrogatoire officiel. DeSalvo a bien une connaissance précise des meurtres et des faits qui n'avait pas été révélé à la presse lors de l'enquête.

Une bataille juridique s'engage alors, deux possibilités s'offrent à Lee Bailey pour sauver DeSalvo de la peine capitale :

- plaider la folie et l'irresponsabilité puis avouer les crimes. Reconnu non coupable DeSalvo serait alors envoyé en hopital psychiatrique

- refuser d'avouer si DeSalvo est reconnu saint d'esprit, la procédure s'arrêterai faute de preuve suffisante.

Les psychiatres reconnaissent Albert DeSalvo atteint de démence au moment des meurtres mais ils refusent qu'il bénéficie de l'irresponsabilité. Bailey tente de limiter les charges de son client aux seules agressions dans le Connecticut.

Six mois plus tard s'ouvre le procès de "l'homme en vert", il plaide la folie au moment des agressions sexuelles, et non coupable. Le jury le reconnait saint d'esprit. jugé coupable Albert DeSalvo est condamné à la prison à perpétuité. Bailey proteste contre cette décision, pour lui DeSalvo est un malade qui nécessite des soins psychiatrique.

Le 18 janvier 1967, Albert DeSalvo est condamné à l'emprisonnement à vie.

Cinq semaines plus tard DeSalvo s'évade avec deux complices, la police met en place une gigantesque chasse à l'homme. Elle quadrille la ville et fouille maison par maison. La police retrouve les deux complices de DeSalvo rapidement. Son évasion fait la une des journaux et la panique gagne de nouveau la ville. Deux jours plus tard, Albert DeSalvo se rends, il n'a fait aucune victime.

Lors d'une conférence de presse improvisé Albert DeSalvo déclare : " je n'ai embêté personne et je n'embêterai jamais personne, si je l'ai fait c'était pour que les gens se souviennent qu'il y a un homme qui est malade mentale, qui a payé un avocat et dont personne ne se préoccupe." mais les autorités ne tiennent pas compte de cet appel à l'aide, il est transféré à la prison de haute sécurité de Boston.

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Six ans plus tard, le 25 novembre 1973 albert DeSalvo est retrouvé mort dans sa cellule. Il a reçu 6 coups de couteau dans le cœur, on ne retrouvera jamais son assassin.

 

Doutes et expertise ADN

Albert DeSalvo ayant était jugé pour ses méfaits "d'homme en vert", les doutes subsistent sur l'affaire de l'étrangleur de Boston.

En 2000, les familles de Mary Sullivan et d'Albert DeSalvo s'unissent pour que la lumière soit faite sur cette affaire. Le corps de Mary Sullivan et Albert DeSalvo sont exhumés et des analyses ADN sont faites. C'est james Starrs, professeur de sciences forensiques (ensemble des principes scientifiques et des techniques appliqués à l'investigation criminelle), à l’Université George Washington qui dirige les recherches. Des examens sont faits sur les cheveux retrouvés, les ongles et les vêtements de Mary, on y retrouve l'ADN de deux individus, un de type caucasien, l'autre de type asiatique, mais pas celui de DeSalvo.

L'annonce est faite aux médias le 13 décembre 2001, en appuyant sur le fait que cela n'innocentait DeSalvo que du viol de Mary Sullivan, bien que les experts admettent que l'ADN retrouvé sur le corps n'est pas forcément celui de l'assassin, cela aurait pu etre celui de sa colocataire, d'un des policiers, de quelqu'un du service funéraire... l'affaire de l'étrangleur de Boston reste donc officiellement irrésolu.

 

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