tetes raides1


Christian Olivier naît le 24 avril 1964 à Bamako, au Mali, qu'il quitte à 8 ans; les atmosphères africaines ne cesseront d'influencer son univers créatif. Il se passionne pour la musique et le graphisme dès l'adolescence, et fréquentera l’école Estienne. En 1984, avec Grégoire Simon (Iso) au sax, connu quelques années plus tôt sur les bancs de l’école, son frère Cali à la basse et Marc Legratiet (Ciccio) à la batterie, il fonde le groupe Red Ted à Port-Leucate.

Ils ont tous un âge compris entre 17 et 20 ans et font leurs premiers concerts sur les terrasses des cafés et dans les campings de la station balnéaire en jouant les chansons des Clash, des Rolling Stones, de Chuck Berry ou d'Eddy Cochran…

Cette même année, Christian Olivier forme le collectif d’arts graphiques Les Chats Pelés avec trois étudiants qui fréquentent tout comme lui l’école Estienne: Lionel Le Néouanic, Benoît Morel (futur chanteur de La Tordue) et Yuri Molotov, qui mourra prématurément (la chanson Fuckingham Palace dans Mange tes morts est la sienne).

Durant ces années, ils vivent de petits boulots et investissent leurs gains dans l’acquisition de nouveaux instruments et d’une camionnette qui leur permettra de vagabonder en France en se produisant dans les bistrots, dans les fêtes de quartier et dans la rue.
Le 26 avril 1986, le groupe donne un concert à Montgeron, à deux pas de Vigneux, et rencontre un franc succès. Les gains du concert seront utilisés pour graver leur premier 45 tours en 1988.

En 1987, Red Ted devient Têtes Raides (avec Pierre Alu à la batterie) et Philippe Guaraccino (dit Pépo) à la guitare; ils commencent à travailler sur leur premier 45 tours, et continuent leurs exhibitions en province. Parmi les locaux fréquentés, le bar Chez Moustache à Vigneux occupe un rôle important dans l’histoire du groupe. C'est un local entre hôtel-pension et café fréquenté par des personnes hétérogènes et hautes en couleurs, qui invitera Têtes Raides en concert jusqu’en 1990.

En 1988, le 45 tours autoproduit "C’est quoi?" sort dans les bacs à mille exemplaires, avec deux chansons signées Red Ted et deux signées Têtes Raides, parmi lesquelles "Emily, elle", reprise dans l’album "Les oiseaux" en 1992.

 

C'est quoi ?

cest quoi

1 - Mad'leine
2 - Vicking's tragédie
3 - Des aveugles
4 - Emily, elle


La pochette de l’album est, comme le seront les suivantes, illustrée par Les Chats Pelés. En novembre de la même année, le groupe se produit au Sentier des Halles de Paris. Les concerts de Têtes Raides sont déjà un mélange de musique et de théâtre, avec Les Chats Pelés qui dessinent les scénographies et qui signent les animations projetées pendant les spectacles. Dans la salle, parmi le public du Sentier des Halles, il y a Francis Kertekian, fondateur du label indépendant Just’in, qui dira par la suite: "Même si la musique était loin d’être parfaite, ce qui m’a vraiment touché c’était ce comportement, ce mode d’être, ce discours différent qui mettait avant tout Têtes Raides sur une sorte d’archipel, sur un monde à part, qui devait exister pour moi. On voyait déjà cette alchimie entre musique, texte, graphiques et scène qui me donnait envie d’adhérer et de partager leur projet".


Pendant les premiers mois de 1989, Têtes Raides sort son premier album autoproduit "Not Dead But bien raides", enregistré dans la cave de Grégoire, avec Pierre Gauthé, dit Pierrot ou Kropol, à la console.

 

Not Dead But bien raides

not dead but bien raides

1 - In the creepel's band
2 - Moon is a pancake
3 - Armance, Théo, Marcel et les autres
4 - Que les repas ingurgités
5 - Educ mon luc
6 - Rue d'la peste
7 - Lune à l'autre
8 - Ginette
9 - Il neige
10 - Les renards

 

C’est l’Ip "Not dead but bien raides" (appelé également La galette en carton) qui sera distribuée par le label Just’in. Le graphisme de ce disque est réalisé (et cela sera désormais le cas pour chacun des albums) par Les Chats Pelés. Le soin apporté à l'esthétique des albums sera un trait distinctif et très important de la production de Têtes Raides, à tel point que le coût de la pochette de cette galette en carton représentera 2/3 de son coût final. La musique mélange rock et punk à la chanson d’auteur, à la chanson "réaliste", avec des renvois aux Pogues, aux Clash; les textes irrévérencieux et pétris d’ironie sont écrits en français ou en anglais. En outre, il y a une première version de Ginette, "la chanson-affiche" qui pour beaucoup représente l’histoire et l’univers créatif de Têtes Raides.

Le groupe est alors composé de Christian, Cali, Grégoire, Pierre Alu, Pépo à la guitare électrique et Pierrot à la trompette. Au cours de ces années, ce dernier quittera de temps en temps le groupe pour revenir régulièrement. Benoît Morel des Chats Pelés et chanteur de La Tordue signe quelques chansons du disque. En juin de la même année, le groupe enregistre les quatre chansons de La galette molle dans un petit studio à Bagnolet.

Le 45 tours, réalisé sur un support flexible, était destiné à accompagner le journal Libération le jour de la Fête de la Musique, mais le projet tomba à l’eau et La galette molle sera publiée à 500 exemplaires seulement deux années plus tard, en 1991.

En 1989, Têtes Raides joue au Printemps de Bourges et prépare son second album, "Mange tes morts", qui verra le jour seulement en 1991 chez FNAC Music; le label indépendant Just’in de Francis Kertekian, qui devait initialement produire le disque, fait en effet faillite 15 jours après la signature du contrat avec Têtes Raides. La FNAC Music elle-même aura une vie éphémère et l’album sera republié six ans après par le label Mantra.

 

Mange tes morts

mange tes morts

1 - Les clampettes
2 - Fuckingham Palace
3 - Bas quartiers
4 - Homme Freedom
5 - Exsangue
6 - Journal
7 - Olio
8 - Les prisons
9 - Rue d'Nièvre
10 - Frigo
11 - Cosette
12 - Les conquérants
13 - Boy
14 - Le retour de Rigodon
15 - Café
16 - La p'tite dame en rouge
17 - Les manèges


L’album Mange tes morts voit la participation de Mike Carley à la guitare et le retour de Ciccio à la batterie, avec Jean-Luc Millot (Lulu) qui restera à la batterie dans le groupe jusqu’en 2007. C'est aussi l'arrivée d'Arnaud Lecharny, qui est jusqu'à présent la cheville ouvrière de la troupe.

Jean-Luc Millot était jusqu'alors compositeur, chanteur et batteur du groupe Les Parasites, fondé par deux amis en 1988, après être passé dans d’autres formations, comme les Waka Waka où Pierre Gauthé était également présent.
Mange tes morts est plus électrique que l’album précédent, mais on y retrouve des rythmes ska, reggae, des rappels à la chanson d’auteur et des rapports au monde enfantin, apprécié autant de Têtes Raides que des Chats Pelés pour la spontanéité et la fraîcheur de son imagination. La chanson instrumentale Café est accompagnée en live d'une lecture par Flex "Grand Loup" de la poésie de Prévert Déjeuner du matin. Un petit livre homonyme est publié avec le disque, vendu séparément, dans lequel alternent les textes des chansons et les images des sculptures en argile et en bois des Chats Pelés, également présents sur la pochette du vinyle.

1991 marque l’arrivée de Serge Bégout à la guitare acoustique et au sax baryton. C'est un compagnon de lycée de Pierre Gauthé, présent avec ce dernier dans des groupes comme les Lâches et les Genoux. Autodidacte, il arrive chez Têtes Raides après différentes expériences avec certaines formations musicales comme les Eniairschanarasguiling (groupe influencé par Magma qui mélangeait musique classique contemporaine, free jazz et rock d’avant-garde) et les Prostaglandine, où l'on retrouve aussi Mike Carley.
La même année, le groupe repart en tournée avec les 3M, groupe de trois acrobates-jongleurs (Max, Maurice et Marcel.) Entre temps, ils signent un accord avec le label WMD qui leur assure la production d’un nouveau disque et un enregistrement en studio au mois de juillet, mais le retard dans la réalisation des nouvelles chansons les pousse vers l'autoproduction, louant pour le mois d’août un studio d’enregistrement près de Voiron.

En automne, ils jouent pendant un mois à Paris au Théâtre des Déchargeurs, proposant les chansons du nouveau disque Les Oiseaux, à peine enregistré.

Parmi les personnes qui assistent aux concerts, il y a Vincent Frèrebeau de la Warner Music et futur responsable du label Tôt ou Tard. En avril 1992, ils signent un contrat avec la Warner et ils sortent finalement leur nouvel album. Cette année marque aussi l’arrivée de Anne-Gaëlle Bisquay (venant du classique, elle a assisté au premier concert de Têtes Raides au New Moon) au violoncelle, qui apporte, avec Serge Bégout, un changement du style musical et du travail de composition en plus d’un passage à un nouveau son: les arrangements deviennent plus acoustiques, la musique devient plus proche de la chanson d’auteur. Les rythmes ska et rock des albums précédents reviennent néanmoins dans certains morceaux.
Le style de l’album Les Oiseaux permet à Têtes Raides de jouer aussi bien dans les bars que dans les salles de concert comme au Théâtre Dejazet, en juin 1992, en compagnie d’acteurs et de trapézistes, ou au Bataclan en décembre.

La même année, l'album "Fleur de Yeux" est en cours de préparation. Il sort le 15 octobre 1993 et sera présenté avec une semaine de concerts dans la salle d’art et d’essai de l’Entrepôt de Paris, puis dans le reste de la France.

 

Fleur de Yeux

fleur de yeux
1 - Dame !
2 - Les papiers
3 - Zigo
4 - Bestiaire
5 - Fleur de yeux
6 - La biffe
7 - The mad fiddler
8 - Postulat
9 - Jour de pêche
10 - Sans titre
11 - Rien ?
12 - Trumpet song
13 - Ton portrait


Les morceaux qui le composent sont présentés avec la projection d’un film réalisé par Fred Chapotat, au cours duquel alternent interviews, extraits de concerts et animations.
Fleur de Yeux représente le premier succès souligné par la critique: il est qualifié de "disque de l’année" par Télérama, Libération et Le Monde. L’album marque aussi l’arrivée de Scott Taylor à la trompette et au trombone (il y restera jusqu’en 1996). Comparé aux Oiseaux, les sons de cet album ressentent la présence majeure des cuivres, en rappelant dans certains morceaux la fanfare, tandis que les textes continuent à osciller entre prose, poésie, ironie et mélancolie, et proposent de fréquentes incursions dans l’univers surréaliste. Dame !, chanson de Benoît Morel déjà présente dans C’est quoi ? et un texte en anglais du poète portugais Fernando Pessoa (Le violon fou) ont aussi une place dans l’album.


Son succès conduit Têtes Raides à faire des concerts dans les plus grandes salles parisiennes: en avril au Théâtre Trévise et en décembre au Casino de Paris. Si la musique, les textes et les performances scéniques séduisent de plus en plus, les ventes des disques ne permettent pas aux membres du groupe de se maintenir avec le seul fruit de leur travail créatif. De 7 musiciens, le groupe passe à 14 personnes en tournée, et ils traversent tous une période économiquement difficile jusqu’au début des années 90.

C’est seulement avec la sortie du "Bout du Toit" que Têtes Raides commence à se construire une certaine indépendance économique. L’album, surtout acoustique, est enregistré en juin 1995 et sort dans les bacs l’année d’après.

 

Le Bout du Toit

le bout du toit

1 - St Vincent
2 - Les bouquets
3 - Le bout...
4 - Le théâtre des poissons
5 - La chanson du trépassé
6 - Viens!
7 - Le bout du...
8 - Vendu(e) au diable
9 - La religieuse
10 - L'hermaphrodite
11 - Des accords
12 - L'amour tombe des nues
13 - Le bout du toit
14 - Manuela
15 - Mille façons
16 - Un p'tit air
17 - Les marrons


La chanson d’ouverture, St Vincent, est une dédicace à Georges Brassens, et le disque marque le début de la collaboration avec l’accordéoniste de Jacques Brel, Jean Corti. Comme dans Fleur de Yeux, et tous les albums successifs, Têtes Raides choisit de mettre en musique un texte poétique, et pour Le Bout du Toit une poésie de Robert Desnos (L’amour tombe des nues). Les autres textes de l’album sont comme toujours écrits par Christian Olivier.

Le 21 mai de la même année, Têtes Raides fait un concert avec Jean Corti à l’Olympia, proposant la une reprise des Vieux de Jacques Brel, chanson qui sera enregistrée en studio en 1998 pour la compilation Aux Suivants. Entre le 3 et le 7 décembre, cinq soirées-concerts ont lieu au Trianon à Paris. Les concerts sont précédés par la projection du film d’animation de 26 minutes Chauffe, réalisé en 1995 après 8 mois de travail, par Pierre Cognon, Christian Olivier, Antoine Ruis, Stéphane Chassignole et pour lequel le groupe a réalisé la colonne sonore.

Des parties du film contribueront au clip de Viens ! sorti au cours de l'année tandis que les enregistrements des 5 concerts constitueront le matériel pour le premier album live des Têtes Raides : "Viens !" qui sortira dans les bacs en 1997 chez Tôt ou Tard.

 

Viens !

viens

1 - Le théâtre des poissons
2 - L'amour tombe des nues
3 - Les papiers
4 - Bestiaire
5 - Cozette
6 - Zigo
7 - Café
8 - La religieuse
9 - L'hermaphrodite
10 - Viens !
11 - Mille façons
12 - La p'tite dernière
13 - Gino
14 - Ginette
15 - Lune à l'autre
16 - Emily

 

La tournée du Bout du Toit marque aussi le remplacement temporaire de Anne-Gaëlle par Dominique.

Entre juillet 1997 et janvier 1998, le groupe enregistre l’album "Chamboultou", dans les bacs en avril 1998 ; il rencontre un large succès et sera récompensé par un disque d’or.

 

Chamboultou

chamboultou
1 - Du boulot
2 - Les hirondelles
3 - Les roseaux
4 - Chamboultou
5 - Oublie cette chanson
6 - Le créditeur
7 - Le coeur a sa mémoire
8 - Parazite
9 - Dans la gueule du loup
10 - Guignol
11 - Ecris moi
12 - Mon slip
13 - Vent chante


L’album marque l’arrivée d’Edith Bégout, la sœur de Serge, au piano et à la trompette, en remplacement de Scott Taylor. Edith, diplômée de l’Ecole parisienne des arts appliqués, a suivi des cours de piano pendant son adolescence et se consacrera désormais entièrement à la musique. En 1985, elle faisait partie de la Fanfare des Beaux-Arts avec laquelle elle jouait du tuba dans les bistrots dans le quartier de l’Odéon. Avant de débarquer au sein de Têtes Raides, elle avait également fait partie du groupe féminin Les Zarmazones qui mélangeait les sonorités reggae et rock. Les textes du disque sont plus surréalistes que les précédents ; on y retrouve Le cœur a sa mémoire (dédiée aux victimes des camps de concentration nazis) de Mauricette Leibovitch, sœur du musicien français Francis Lemarque, et la chanson Dans la gueule du Loup de l’écrivain algérien Kateb Yacine. Cette dernière est dédiée au massacre par la police des manifestants algériens du 17 octobre 1961. En 1998, le label Tôt ou Tard ressort en digipack les disques du groupe depuis Not dead but bien raides. Les ventes dépasseront dans l’ensemble le million de copies. Durant cette période, Têtes Raides donne entre 100 et 150 concerts par an et participe aux grands festivals comme le Printemps de Bourges ou les Francofolies de la Rochelle.

Du 11 janvier au 22 février 1999, ils donnent des concerts dans une salle du Barbès populaire : Le Lavoir Moderne Parisien avec le spectacle NON. Ce sont des soirées-concerts durant lesquelles le groupe fait des performances où alternent musique, jeux théâtraux, recettes de cuisine et poésie, et où l'on retrouve les créations de Fantôme (Francis Terrade), light designer de Têtes Raides depuis les débuts. Pour l’occasion, Têtes Raides se produit sans micro, en version acoustique, entre projections d’un film d’animation en noir et blanc des Chats Pelés et des lectures de Rimbaud, Camus, Virgile, ... Le livre "NON" (Silène Editeur, 1999), composé de dessins de Christian Olivier, de textes, de photos de Fred Chapotat et d'un cd de 15 minutes de spectacle est publié la même année, sans le texte d’Albert Camus : Peut-on parler de l’action terroriste sans y prendre part ? (extrait des Justes) pour des problèmes de droit d’auteur.

La même année, Têtes Raides prend part à l’album live de Yann Tiersen, Black Session, avec la chanson La Noyée et une nouvelle version de Ginette, qui fera également partie de l’album de collection 10 ans de Têtes Raides (février de l’année suivante).

En novembre 2000, c'est la sortie de l’album "Gratte Poil" qui verra ses 200 000 ventes récompensées par un disque de platine. L’album est enregistré en studio, en prise directe avec une belle brochette d'invités : Yann Tiersen au violon sur Le Cabaret des nues (qui invitera à son tour Têtes Raides à participer au disque L’absente enregistré pendant la même période), Jean Corti au bandonéon dans Gratte Poil, pour laquelle il écrit la musique, et Noir Desir dans L’iditenté, dédiée à la lutte des sans-papiers et contre les exclusions sociales. Les textes sont signés par Christian Olivier à exception de Ennemis, du poète belge Norge (1898-1990).

 

Gratte Poil

gratte poil

1 - Je chante
2 - Bibliothèque
3 - Les poupées
4 - C'est dimanche
5 - Chapeau
6 - Les choses
7 - Bibliothèque II
8 - Dépêche toi
9 - L'iditenté
10 - Ko
11 - Ok
12 - Le cabaret des rues
13 - Ennemis
14 - Bibliothèque III
15 - Patalo
16 - Le gratte poil
17 - Bibliothèque IV
18 - Dans la gueule
19 - Urgence


Une longue tournée pour promouvoir ce nouveau disque commence en janvier 2001, et Têtes Raides se produira dans trois endroits différents de Paris : La Cigale, le Bataclan et le Palais des Sports devant 5000 personnes, pour continuer ensuite dans le reste de la France et dans les festivals (Printemps de Bourges, Fête de la Musique de Paris, Vieilles charrues en Bretagne, Fourvière à Lyon), jusqu’en décembre 2001.

Le 30 avril 2002, en réaction à la victoire au premier tour des élections présidentielles du candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, Têtes Raides, Yann Tiersen et Noir Desir (entre-autres) se produisent sur une place de Lyon devant plus de 7000 personnes pour un concert gratuit dénonçant la dangereuse dérive politique du pays.
L’évènement est précédé d'une série de concerts improvisés jour après jour dans de nombreuses villes, dans les grandes salles comme dans les cafés, et d’autres concerts seront donnés les mois suivants, comme à Lille, Orléans ou Mulhouse.
Le 10 mai, en adhérant à la campagne contre la peine capitale "Semaine contre la peine de mort", ils se produisent également au Zénith de Montpellier.

Entre le 5 juillet et le 3 août de la même année, Têtes Raides réalise un de ses rêves : s’installer dans le mythique théâtre parisien des Bouffes du Nord (du metteur en scène Peter Brook) pour un mois de concerts, de théâtre, de danse, de poésie et d'animations, avec de nombreux invités comme Jean Corti, Rachid Taha, Yann Tiersen, Mano Solo, Christine Ott, Lombric, etc.
Les concerts dans le théâtre parisien sont enregistrés par Pierre Cognon qui réalisera le dvd Bouffes du Nord, sorti le 8 avril 2003.

Pendant ces concerts Têtes Raides donne à entendre pour la première fois certaines chansons du nouveau disque "Qu’est-ce qu’on s’fait chier !" qui sortira le 16 septembre de l’année suivante, en 2003. L’album est présenté durant une nouvelle série de concerts du 16/09 au 04/10 dans ce même théâtre.

 

Qu’est-ce qu’on s’fait chier !

questcequonsfaitchier

1 - Civili
2 - Les radis
3 - Qu'est ce qu'on s'fait chier!
4 - Patipata
5 - Go away
6 - Black is beautiful
7 - La fin
8 - Pitance
9 - Vaille que vaille
10 - Soupault
11 - Les souris
12 - Aïe
13 - Les dents
14 - En silence
15 - Coda


C'est le huitième album studio ; les différents styles de musique qui ont accompagné Têtes Raides pendant 20 ans s’y mélangent : rock, ska, tango, chanson d’auteur, danses tziganes, fanfares de l’est, collages surréalistes, mais l’album a dans l'ensemble une empreinte rock et marque le début d’une nouvelle phase créative. Parmi les collaborations proposées dans ce disque, on note celles de Christine Ott, Hakim Hamadouche et Yann Tiersen. Certains vers pris chez le poète surréaliste Philippe Soupault (1897-1990) sont récités dans la chanson Soupault : Georgia, épitaphes et chansons, tandis que dans Pitance, la voix du metteur en scène français Antonin Artaud est extraite de l’œuvre radiophonique Pour en finir avec le jugement de Dieu transmise par Radio France en 1999 après une longue censure de quarante et un ans.

Le 15 décembre 2003, Têtes Raides, sur invitation de quelques organisations militantes donne vie, dans la Salle Tony Garnier de Lyon, à l’Avis de KO social, affiche politico-musicale contre "les réformes révolutionnaires" du gouvernement et comme le cite l’appel lancé sur la scène:
"pour nos vies, et pour tout ce qui peut les rendre belles et amusantes : la liberté d’aller et d’habiter où nous voulons, l’accès à un système sanitaire de qualité pour tous ; l’égalité affective entre les hommes et les femmes, un emploi intelligent de toutes les ressources de la planète, la visibilité et les droits pour tous ceux qui, hommes et femmes, sont appelés "minorités", la libre circulation du savoir, des progres techniques ou scientifiques ; l’art ; etc. ".

L’Avis de KO social prend la forme de concerts et de manifestations nombreuses durant lesquelles Têtes Raides se produit avec Yann Tiersen, Bénabar, Sergent Garcia, Les Fabulous Trobadors, Rachid Taha et d’autres musiciens et groupes français. Après Lyon, l’Avis de KO social touche d’autres villes: en mars Paris, en avril le festival du Printemps de Bourges puis Marseille, Lille, Montpellier et Bordeaux, en recueillant l’adhésion de nombreux mouvements politiques, syndicaux, sociaux et artistiques. Parallèlement à ce projet, Têtes Raides organise en février un mois de spectacle au Bataclan, spectacles au cours desquels s’alterneront chaque soir des artistes différents, parmi lesquels : Mano Solo, Loïc Lantoine, Thomas Fersen, Serge Teyssot-Gay, Yann Tiersen, Rachid Taha, Jean Corti, Daniel Colin…

Les concerts du lundi sont dédiés aux thèmes politico-sociaux : Liberté de circulation !, On a faim !, A l’attaque !, et les gains des spectacles comme des ventes des cd live de ces 3 concerts sont destinés aux associations qui participent à l’évènement : GISTI, Act Up, Coordination Nationale des Sans-Papiers, Ligue des droits de l’Homme, Greenpeace, Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France, Observatoire international des prisons, etc.

Le groupe continue sa tournée dans toute la France jusqu’en août. En avril, le groupe est invité au Festival du Printemps de Bourges et en septembre à la Fête de l’Humanité, mais continue aussi à se produire dans les cafés et les théâtres.

C'est le 8 novembre 2004 que l’album live 28.05.04, enregistré pendant un concert à la Halle de La Trocadière à Rezé sort dans les bacs. Il y a un morceau inédit dans l’album : Artichaud, et une cover de Renaud : Hexagone.

 

28.05.04

28 05 04

1 - Creeples'band
2 - Moon is a pancake
3 - Artichaud
4 - Qu'est ce qu'on s'fait chier!
5 - Les radis
6 - Go away
7 - Des accords
8 - Hexagone
9 - Mille façons
10 - Les dents
11 - La p'tite rouge
12 - L'iditenté


En 2005, le groupe participe à l’album de duos du label Tôt ou Tard ; le 7 novembre de la même année ils sortent, après six mois de travail, l’album "Fragile" qui marque aussi la fin de la collaboration avec le label Tôt ou Tard. La sortie du disque est précédée par une tournée en France dans les salles de concerts, dans les festivals (Paroles et Musiques de St-Etienne, Solidays, Printemps de Bourges, etc.), dans les théâtres (Elysée Montmartre, etc.) et à l’étranger : en Hongrie (Festival Sziget à Budapest), en Russie, aux Pays-Bas, en Angleterre et au Liban (à Beyrouth, d'où le concert sera en partie retransmis sur France Inter). Durant la même année, Christian Olivier lit Samuel Beckett avec la danseuse italienne Barbara Manzetti (5 février 2005 à La Clef à Saint Germain, 28 février 2005 aux Bouffes du Nord, etc.)

 

Fragile

fragile

1 - Je préfère
2 - Fragile
3 - Le raccourci
4 - Latuvu
5 - Je voudrais pas crever
6 - L'oraison
7 - Je préfère comprendre
8 - We gonna love me
9 - Lové-moi
10 - Constipé
11 - Houba
12 - Les animaux
13 - Chanson pour pieds
14 - Je comprends
15 - De Kracht

 

Au Bataclan, Têtes Raides prend part le 16 juin à soirée de soutien à l’Association des Médecins Urgentistes à laquelle participeront aussi Mano Solo, Benabar, Loïc Lantoine, Patrice Caratini et Jean Corti.

Le nouvel album Fragile, co-réalisé par Denis Barthe, batteur de Noir Desir, marque le retour de Têtes Raides aux sonorités électriques et au punk-rock des débuts, mâtiné de reggae, de ska et de fanfare; pour la première fois l’accordéon de Christian Olivier est tout à fait absent.

Les invités y sont nombreux: le groupe mythique de punk hollandais The Ex, dans De Kracht, le contrebassiste François Pierron, Christine Ott (aux Ondes Martenot), Jasmine Vegas, Rachid Taha, Romain Humeau, Didier Vampas et Sara Mandiano. Le groupe met également en musique deux poésies : Je voudrais pas crever de Boris Vian et Chanson pour pieds de Joyce Mansour. A noter aussi, le titre Fragile dont le clip, qui montre des scènes d'accouchement, sera censuré à la télévision. A partir du mois de novembre, le groupe commence sa tournée terminera seulement en novembre de l'année suivante.

Entre le 13 et le 20 mai 2006, Têtes Raides est l'invité d’honneur de la 15ème édition de la Fête des Paroles et Musiques de St-Etienne, durant laquelle des concerts dans les théâtres et les bars, des lectures (Christian Oliver lit Beckett), des expositions (les œuvres des Chats sont montrées au centre Boris Vian) et des spectacles de nombreux autres artistes sont proposés. A l’occasion du festival, Têtes Raides participe à la réalisation du livre-cd Puzzle (publié le 13 mai 2006), avec des textes de détenus transposés en images par des dessinateurs ou des photographes et mis en musique par des groupes et des chanteurs comme Loïc Lantoine, Eis, Xavier Michel, Monsieur Bidon, Voe, les Joyeux Urbains, Alison B, La petite cuisine, SSSShhhh et Têtes Raides.

En mai 2006, la compilation "Aïe" sort dans les bacs.
Pendant le printemps de la même année, c'est la participation aux initiatives de l’association UCIJ (Uni-e-s contre une immigration jetable) pour les droits des immigrés et contre les nouvelles propositions de loi du gouvernement, tandis qu’en septembre, à l’occasion de la Fête de l’Humanité, Têtes Raides se produit à Paris lors d’un concert pour l’anniversaire de la naissance du Front Populaire. Au terme d'une tournée qui se finira en novembre avec un concert au Bataclan, Lulu le batteur décide de quitter le groupe pour continuer un projet musical en cours avec Les Parasites, en participant toutefois à quelques concerts de Têtes Raides entre novembre et décembre.

 

Aïe

aie
1 - Parazite
2 - Chapeau
3 - Civili
4 - Gino
5 - Je chante
6 - Qu'est ce qu'on s'fait chier
7 - Artichaud
8 - Vendu au diable
9 - Aïe
10 - Ecris-moi
11 - Fuckingham palace
12 - L'iditenté
13 - Patalo
14 - Ginette
15 - La fin


En 2007, à la fin de la tournée "Fragile", Jean-Luc Millot quitte Têtes raides et reforme son ancien groupe "Les parasites". Il est remplacé à la batterie par Caroline Geryl.

Vingt ans après leurs premiers pas discographiques, Têtes Raides reviennent avec un nouvel album "Banco", synthèse magique de leur art unique. Ce dixième album studio alterne brûlots politico-poétiques tels l’emblématique "Expulsez-moi", hymnes à la nuit, poésies à la veine surréaliste, et chansons d’amour, sur un fond musical toujours renouvelé, où l’accordéon retrouve sa place, au milieu d’un attirail électro-acoustique bariolé. On y croise Olivia Ruiz le temps d’un featuring sur le burlesque "Plus haut". L’album comprend en outre un véritable morceau de bravoure de 20 minutes, avec une interprétation passionnée de la poésie de Stig Dagerman "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" par Christian Olivier et Têtes Raides.
Après avoir vendu plus d’un million d’albums, Têtes Raides continuent leur route unique, en dehors des ornières de la scène rock hexagonale et des sentiers bien tracés de la chanson française, et nous offre avec "Banco" un nouveau chef d’œuvre.

 

Banco

banco

1 - Tam tam
2 - La bougie
3 - Expulsez-moi
4 - Banco
5 - J'ai menti
6 - Les autres
7 - Ici
8 - Les pleins
9 - Plus haut
10 - Notre besoin de consolation est impossible à rassasier
11 - On s'amarre

Sortie le 3 décembre 2007 chez Warner, en CD et en édition collector CD+DVD (avec en bonus une lecture filmée de
"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier")

Le 24 novembre 2008 sort une compilation 2cd regroupant quelques raretés, inédits et un DVD concert 2006 "20 Ans De Ginette"


Le nouvel album des Têtes raides ne se situe pas exactement aux antipodes de l’agitation ambiante, paillettes par containers et autres engouements simulés proches de l’hystérie : mieux encore, il en constitue le parfait antidote, que l’on écoute quotidiennement énormément de musique (pas de rythmes métronomiques ici, mais en lieu et place – et dès l’ouverture, grâce à la chanson-titre - la chaleur des instruments acoustiques, et cette voix qui force le respect, puis l’attention, par son originalité), ou que l’on vive, tout simplement, dans une époque qui va décidément trop fort, et trop vite.

Non pas que le groupe de Christian Olivier ait oublié là d’où il venait (le cabaret punk) : "So Free", en duo anglophone avec le presque falsetto Martyn Jacques (chanteur des Tiger Lillies), le très immédiat "J’m’en fous", aux riffs jubilatoires en écho de ces insouciantes années soixante où tout semblait permis, et naturellement un "Angata", en déhanchement sensuel et sarcastique tout à la fois, ourlé de l’enfance malienne du chanteur, restent garants de la faculté des six garçons et d’Anne Gaëlle Bisquay (violon et violoncelle) à envoyer le bois d’une très salutaire explosion (de colère ou de joie, au choix). Mais il est évident que la saveur des Têtes Raides (ses animaux fantaisistes, ses ambiances fantomatiques, ses harmonies farouches) développe tout son suc dans l’écho de ce "Flamenco de Paris" dont Léo Ferré posa les jalons ("Fulgurance") et dans l’attirail d’un cabaret rock qui n’omet nulle nuance ("Marteau piqueur").

S’il faut extraire quelques pépites de la sélection des treize chansons, on pourra naturellement s’arrêter sur "Emma", qui permet à Jeanne Moreau de renouer, en fière octogénaire, avec la chanson voire sur un combatif et abrupt "Je voudrais" conclusif, à consommer comme un talking blues et panorama en travelling de la nécessité de la révolte permanente. Mais on pourra également attribuer le statut de modeste trésor à "Gérard", portrait d’un mécanicien poète, enluminé d’un orgue zinzinant et évocation d’un personnage surgi d’une galerie à la Tati ou à la Prévert, qui peut laisser penser que le peuple est toujours debout.

Alors, voilà : qu’est-ce qui fait que "L’An Demain" s’impose déjà comme l’un des albums de l’année ? Un sentiment diffus, une originalité tranchée, la poésie biaisée qui se régénère dans son approche subtile de la réalité et le sentiment parfaitement net de jouir des créations d’un groupe au service des chansons et non le contraire ? Sans nul doute un peu de tout cela, avec en prime la certitude que le dégraissage patent de l’approche, parfois trop théâtrale, que purent avoir les Têtes Raides de leurs partitions et interprétations, promet des jours, qui, sinon chantent, du moins résonnent d’intelligence, de subtilité et d’humanisme. Et c’est déjà largement suffisant pour leur exprimer cette gratitude.

 

L’An Demain

an demain

1 - L'an demain
2 - Fulgurance
3 - Emma
4 - Angata
5 - Marteau-piqueur
6 - J'm'en fous
7 - Météo
8 - Gérard
9 - So Free
10 - Pas à pas
11 - Olé
12 - Maquis
13 - Je voudrais


Têtes Raides a toujours été proche de la parole, du verbe, de l'écrit, de la littérature. Ses chansons possèdent un fort pouvoir d'expression, de description, avec des textes à la dimension visuelle forte. Voir le groupe mettre en musique des poètes n'est en fait qu'une demi-surprise.

"Corps de Mots" est le prolongement naturel du spectacle du même nom donné par Têtes Raides au théâtre des Bouffes du Nord à Paris du 6 au 15 décembre 2012. C'est devant une salle à chaque fois comble que le groupe a pu roder son répertoire. Une ambiance de performance qui se retrouve sur le DVD qui accompagne l'album. Un "digibook" (livret numérique) reprend l'ensemble des textes et une présentation des auteurs, permettant de se plonger totalement dans un concept dense.

Absent du CD car déjà présent sur Fragile en 2005, "Je voudrais pas crever" de Boris Vian nous prive de l'étrangeté de ces "chiens noirs du Mexique, qui dorment sans rêver". C'est dans la veine réaliste faubourienne qui lui est chère que Têtes Raides balance "Le Condamné à mort" de Jean Genet. "On ne quitte pas son ami" de Robert Desnos est rythmé par un piano d'arrière salle de bar. Le surréaliste Antonin Artaud a droit à un traitement tout en bruitages et en cacophonie pour "Avec moi dieu le chien", pendant parfait d'un texte largement expérimental.

Têtes Raides recase du Têtes Raides avec son inoubliable "Ginette" qui clôturait les spectacles au grand étonnement d'une partie du public. Car Têtes Raides aime bien surprendre et ne se prive pas de caser au beau milieu de Rimbaud, Lautréamont, et Apollinaire un "Love Me Tender" d'Elvis Presley, complètement anachronique. Décidément, ces rockers ne sont toujours pas sérieux malgré leur amour de la langue châtiée.

 

Corps de mots

corps de mots

1 - Le cheval rouge
2 - Corps de cris
3 - Corps de langouste
4 - Les corbeaux
5 - Avec moi dieu le chien
6 - Un enfant a dit
7 - L'éphéméride
8 - Love Me Tender
9 - La neige
10 - Le condamné à mort
11 - A boire
12 - Décembre
13 - Qui est-là ?
14 - J'achète un fusil
15 - Georgia
16 - On ne quitte pas son ami
17 - Ginette
18 - Le pont Mirabeau

 

Avec la sortie de ce treizième album "Les Terriens", le groupe Têtes Raides fête ses trente années de présence dans le paysage musical français. Trois décennies marquées par un cheminement entre chanson des faubourgs et rock urbain, trente ans d'activisme, d'engagement et d'indépendance résistant à toutes les épreuves.

Sans étonnement, le paquet colis livré par la troupe pour cet anniversaire n'est pas garni de mirlitons, ni de serpentins ou de confettis mais de douze nouvelles chansons réalistes allant de l'intime à l'universel. Noyée dans un océan d'électricité signalant l'aspect le plus brut de la bande, la valse lente "Oublie-moi", jouée en trio piano, contrebasse et balais, contraste avec les décharges blues rock "Les Terriens" ou "La Tâche", la plus politique du lot dénonçant le retour de la peste brune.

Pour le reste, la priorité est donnée aux guitares, grinçant et couinant de belle manière sur "Alice" (partie pour de bon), vociférant sur le tranchant "Moderato" ou twistant dans "L'au-delà". Accouplées à l'accordéon sur "Le Rendez-vous" précédant la nuit d'adieu, elles relèvent la plume un peu usée par le temps de Christian Olivier, dont l'accent anglais n'est pas le fort sur l'enroué "Bird". Un ange passe et une certaine lassitude se fait sentir sur ce qui n'est pas le recueil le plus inspiré (pour cela, se reporter au franc Qu'est-ce qu'on se fait chier ! ou à Fragile).

En trente ans de bons et loyaux sévices, Têtes Raides a beaucoup donné et continue de montrer les dents sur quelques accords acérés et une suite de vers véhéments qu'une nouvelle génération peut s'emparer. Au bout de trente ans, il est aussi normal et sain de constater la force de l'habitude d'une longue fréquentation.

 

Les Terriens

les terriens

1 - Alice
2 - Moderato
3 - Les terriens
4 - Oublie-moi
5 - Le rendez-vous
6 - La tâche
7 - L'au-delà
8 - Mon carnet
9 - Bird
10 - A ta gueule
11 - Vers où je vas
12 - Des silences

 

Site Officiel : http://www.tetesraides.fr/
Myspace : http://www.myspace.com/tetesraidesofficiel

 

 

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