gerard darmon

 

Tout a commencé un 1er avril, et pourtant ce n'était pas une blague. On était trois dans le salon tout noir d'une belle maison en pleine campagne, dans le Gers : Marc, Gérard et moi (on aurait pu s'appeler MGM mais c'était déjà pris, nous c'est GMM). Objectif : "faire des chansons". Et pas n'importe quelles chansons, non, "des chansons pour le troisième album de Gérard".

Cet hiver, Marc a eu deux films annulés ou reportés, il s'est retrouvé libre, Gérard et moi l'étions aussi, alors il nous a dit : "Pourquoi on part pas tous les trois chez moi dans le Gers écrire des chansons pour le prochain album de Gérard ?" Il était le seul de nous trois à avoir déjà fait ça : partir à la campagne (ou à la mer, ou à Marrakech, ou...) avec un ou deux potes pour "faire des chansons". C'était facile de dire "ok" : cinq jours entre amis dans un lieu de rêve, doté d'une cave magnifique (enfin, les bouteilles qu'elle abrite, plus que la cave elle-même !), même sans chansons à faire, c'était un bon plan. Quand même, pour se montrer qu'on n'allait pas là-bas pour glander, on est partis le lundi, pour rentrer le vendredi.

Dans le salon, il y avait tout ce qu'il fallait pour faire des chansons : une guitare, un micro et son magnéto, et deux ordis. De nos jours, dans ce genre de situation, les ordis servent aussi pour composer la musique, mais pas là. On est des mecs à l'ancienne (Marc surtout qui ne touche jamais à un ordi), les deux Mac sont à Gérard et moi, ils ne servent que pour lire, corriger, réécrire les paroles, ou pour aller sur internet écouter un morceau que l'un d'entre nous cite en référence.

Je n'ai guère l'habitude de l'écriture en groupe, je suis rarement fécond autrement que seul devant l'ordi, alors pour ne pas être juste celui qui va chercher les cafés, j'avais apporté six textes que j'avais bossés chez moi tout seul dès que ce séjour a été programmé. Y'en avait six. Je leur ai donné mes six feuilles imprimées, ils ont mis leurs lunettes et ils ont lu. Avant même d'avoir fini de lire tous les textes, Marc s'est arrêté sur "La roucoule", il avait la guitare en bandoulière, il s'est mis à jouer, à chanter, à inventer une mélodie, en lisant mon texte... Et comme ça, toute la journée, sur les six textes... Il cherchait  des mélodies sur mes mots, et parfois il trouvait... On enregistrait, Gérard chantait à son tour, une fois, deux fois, trois fois, et hop, on passait à une autre... Avec Gérard, on n'en revenait pas, bel et bien on "faisait des chansons" ! En réalité, le seul qui créait vraiment en live, devant nous, c'était Marc, qui cherchait, trouvait, inventait des mélodies.

Dès le début de l'aventure, Marc avait exclu d'écrire des textes dans son coin pour cet album, car il avait prévu, pour son prochain album perso, d'écrire toutes les paroles et aucune musique (il a changé d'avis depuis). Là, il voulait faire 'inverse : se concentrer sur la musique, les mélodies. Il espérait en trouver deux ou trois pendant ce séjour, histoire de "lancer" l'album. Sur ses propres albums, Marc est beaucoup plus souvent parolier que compositeur, il espérait trouver deux ou trois bonnes mélodies, ça lui semblait être son potentiel maximum.

Le troisième jour, on avait trois chansons dans la besace : deux à partir de mes textes, "La roucoule"' et "On s'aime", et une à partir d'un texte que Pierre Palmade avait écrit pour Gérard, "Lettre à Hélène". Sur mes quatre autres titres, on patinait, alors Marc cherchait ailleurs... Il s'est mis à chanter "Dans les rues de ma jeunesse les filles c'étaient des princesses", ça lui est venu comme ça, Gérard et moi on a dressé l'oreille. On s'est dit que ce serait super de faire une chanson comme ça, qui parle vraiment de la jeunesse de Gérard... J'ai posé quelques questions à Gérard, le lendemain je me suis levé à l'aube pour bosser sur cette nouvelle idée, et le soir Gérard enregistrait notre quatrième chanson.

Quand on est remontés dans la capitale, on était fiers comme bar-tabac, mais on se demandait si on s'était pas un peu montés le bourrichon tout seuls, on redoutait de faire écouter à nos proches nos quatre pré-maquettes pourries, notre pauvre guitare-voix, mais les réactions de nos premiers cercles ont été excellentes, et même mieux. Le producteur des deux premiers albums de Gérard, Philippe (Abitbol), était carrément enthousiaste.

Evidemment qu'il voulait le produire, cet album. Nous n'étions plus trois, mais quatre, comme les mousquetaires, comme "Le coeur des hommes" !

Après toutes ces réactions encourageantes, Marc nous a dit : "On pourrait repartir dans le Gers f aire d'autres chansons". Et on est repartis, trois semaines plus tard. J'avais encore apporté une demi-douzaine de textes, ceux de la dernière fois retravaillés, plus deux nouveaux. Cette fois, on est rentrés avec cinq nouvelles chansons dans la musette. Parmi elles, "The winner is", écrite par Pierre Palmade (et Marc pour la musique), et "Tu es partie", écrite sur place par Marc et moi sur une musique que j'ai reçue là-bas sur ma messagerie internet : Marc avait demandé des musiques à son pote Pascal Rodde en lui donnant mon adresse e-mail. Dès la première écoute, sa musique nous a bouleversés, on a su tout de suite qu'elle serait dans l'album.

Après chaque séminaire gersois, Marc bossait à plein temps avec ses potes Jean-François Berger et Christophe Casanave (qui a composé pour Marc "Toi mon amour") sur les musiques et les arrangements, et Gérard les enregistrait en chantant sur les play-backs qu'ils avaient concoctés. C'étaient toujours des maquettes : à part quelques guitares, toutes les musiques étaient faites à l'ordi.

C'est à ce moment-là que Marc a proposé d'être le "réalisateur" de l'album. Gérard était particulièrement touché, car ce job voulait dire que Marc allait être en studio avec lui pendant cinq semaines, y arriver le matin avant lui, en partir le soir après lui, qu'il allait engager les musiciens, être son professeur de chant. Ces 25 jours ensemble du matin au soir, c'est plus qu'ils n'ont eu de jours de tournage ensemble au total des deux "Coeurs des hommes" ! Depuis le début, Marc était la locomotive de notre petit train, il avait découvert un plaisir qu'il ne connaissait pas, il avait envie de continuer, et Marc ne pouvait rêver de meilleur coach pour le guider, lui tenir la main pour ce troisième album. Marc était incroyablement excité par cette aventure inédite pour lui – je l'appelle Quincy ! – et son enthousiasme était pour Gérard à la fois très motivant, et très rassurant.

L'album était bien parti, mais on n'avait que neuf chansons, et pas de duos, et mes camarades voulaient des duos. Et il était évident pour eux que c'était à moi de les écrire ! "On reste groupés !" Gérard avait envie d'un duo avec une chanteuse arabe sur le thème de la paix (très facile, la commande !), Marc pensait à un duo joyeux avec une jeune femme, j'ai bossé dans ma chambrette, j'ai écrit deux textes trop longs que Marc a adoptés dès la première lecture, et transformés en chansons en dix coups de ciseaux. En une heure, avec Christophe Casanave, ils avaient trouvé, et enregistré les deux musiques qui allaient avec, avec Gérard on était sidérés.

On comptait s'en tenir à ces onze titres, mais on a reçu un texte de notre pote Bob Decout (réalisateur, auteur de chansons), qu'on avait retrouvé, par hasard, dans le Gers, après des années sans se voir. "Gena and John" nous a tous séduits, et c'est devenu le troisième duo de l'album, chanté par Gérard et Marc. Vu l'implication de Marc dans cet album, c'était une idée évidente, on en avait parlé, mais il a fallu qu'on reçoive le texte pile poil pour que l'évidence devienne réalité.

Un jour, vers la mi-mai, soit un mois et demi après ce mémorable 1er avril, j'ai glissé dans mon ordi un cd avec les douze titres chantés par Gérard, douze maquettes, douze chansons. J'étais pas peu fier. Le 21, on s'est pointés tous les quatre dans le bureau de Valéry Zeitoun, le boss d'AZ, la maison de disques du précédent album de Gérard. Cet album de reprises, "Dancing", avait trouvé son public, mais pas au point que Zeitoun signe l'album suivant sans l'écouter. Alors on est allés passer l'exam dans le bureau du boss.

Mes trois camarades sont restés assis, moi j'ai usé la moquette à force de tourner en rond. Valéry a d'abord écouté les douze titres sans faire de commentaires, juste une ou deux mimiques pour nous rassurer un peu, ce n'est qu'à la fin qu'il nous a dit tout le bien qu'il en pensait, on baissait la tête sous les compliments comme des premiers communiants.

Grâce à ce ok super rapide, on a pu continuer à aller vite, très vite. Le 2 juin, l'enregistrement de l'album commençait, au studio Omega de Suresnes. Là, de nouveaux complices se sont joints à notre petite bande.

Christophe Casanave, qui avait beaucoup bossé avec Marc sur toutes les maquettes, a finalement été embarqué pour de bon dans l'aventure : Marc lui a demandé de co-réaliser l'album avec lui. Il y aussi François l'ingénieur du son, et son assistant, Adil. Que des jeunots, des gentils, des souriants. Et puis il y a eu ceux qui n'ont fait que passer, les musiciens, les choristes, Valéry Zeitoun et son équipe de AZ, les copains, la famille...

Si les rôles principaux ont déjà été cités, citons ceux des guest-stars, qui sont venues au studio pour chanter leurs duos avec Gérard : Amel Bent et Pauline.

 

On s'aime

on saime

1 - La Roucoule
2 - Dans Les Rues De Ma Jeunesse
3 - On S'Aime
4 - Pardon Mon Amour
5 - Ne T'En Vas Pas
6 - Ma Femme C'Est Pas Ma Meuf
7 - Géna And John
8 - Tu Vois Je Reviens
9 - Amireux
10 - And The Winner Is
11 - Tu Es Partie
12 - Tranquille Petit Ange

 

En 2006, Gérard Darmon revient avec l'album "Dancing", un album personnel où chaque titre a une résonance particulière. 
Les plus grands noms ont interprété ces chansons de cet album : Dean Martin, Franck Sinatra, Charles Aznavour, Paolo Conte, Adriano Celentano, Henri Salvador.

 

Dancing  

dancing

1 - Mambo Italiano
2 - Svalutation
3 - Avec Ses Yeux Là
4 - My Way Of Life
5 - Buona Sera
6 - La Belle Vie
7 - Acercatemas
8 - Mes Mains
9 - Via Con Me
10 - Quand Je Monte Chez Toi (Pensées Pour Henri)
11 - That's Life 

 

 

Site Officiel : http://www.gerard-darmon.com/

Pin It