garner

 

Passé longtemps par des sonorités plus rock, Garner, décide en 2010, après la rencontre avec son producteur, de tourner son travail vers des couleurs musicales plus électro, plus propices selon lui à faire résonner ses textes. Il nous convie ainsi dans une sorte de no man's land où l'on ne sait jamais ce qui se dit réellement, puisqu'il est fait d'allers-retours entre le petit et l'universel, le désir d'aimer et la désillusion de l'amour, l'éphémère brouillant les pistes de notre aspiration naturelle à vouloir faire durer les choses. Le monde se construit sans nous et les sentiments nous échappent car ils sont aussi volatils que notre quête du sens. Deux années à écrire et à chanter. Deux années nécessaires pour nous présenter aujourd’hui un projet abouti, Garner nous propose plus que des chansons : un univers.

C’est la ville en évolution, en construction, en destruction (Des grues) ; c’est aussi ce paysage de western qui orne la pochette de premier son album. On le sent se mouvoir là, entre mondes adverses et contradictoires mais toujours soutenu par la basse solide de Christophe Doremus, le complice des débuts ; Garner nous invite dans cette zone, loin des poses ou des certitudes, loin de la complexité facile que la virtuosité de ses musiciens ou le soin apporté à ses arrangements pourraient pourtant lui permettre d’envisager. Garner ne joue pas, ne pose pas, ose l’inconfort. C’est en cela qu’il touche juste.

"Bas les armes", c’est le titre de ce premier album : Garner ayant baissé la garde, le coup, la balle peut venir de n’importe où. Et alors ? La douleur, la mort, ce n’est ni le bout, ni "la fin du monde" (le single de son premier EP), puisque le monde où Garner entend finir, c’est "à Brest, ou encore plus à l’ouest". Et il entend qu’on l’y accompagne.

Voici donc Garner : auteur, compositeur, interprète et groupe qui déterritorialise les lieux communs de la sensibilité (Un garçon qui pleure, les filles qui se déshabillent dans Que se passe-t-il) quand la musique et les arrangements colorent différemment des mots qu’on est habitués à voir vêtus de rose, de bleu ou de gris.

Il est à la fois cet homme qui s’interroge sur ce "petit quelque chose" qu’il ne comprend pas et qui le mine de l’intérieur (Sirop de menthe, un single, au titre trompeur) et ce coeur d’artichaut, ou presque, mélancolique et nostalgique de Je me retourne ("Je me retourne sur les filles / Et je me cogne contre les murs / Je me retourne vers hier / Et je me cogne là où c’est dur"). Garner, ambivalent, se confie, mais à peine l’avez-vous reçu que le voilà déjà reparti, dans une danse à laquelle il vous invite et qu’il mène.

La couleur de certains claviers nous renvoie incontestablement aux années 80. Si l'on pense bien sûr comme d'autres à Bashung, à Taxi Girl, parfois à Manset, Garner nous emporte aussitôt loin des références trop manifestes. "Ils n’ont que faire du temps qui passe", dit Garner des oiseaux dans Tous les jours que. Leur ressemble-t-il ? Leur envie-t-il, au contraire, leur liberté ? Il est probable qu’il se situe à l’équilibre de cette position, et qui sait où les vents et courants le mèneront encore. Le vol de Garner n’est jamais tracé d’avance.

En concert à Paris à la Péniche Antipode les 29 avril, 27 mai et 25 juin 2015

 

Bas les armes

bas les armes

1 - Des grues
2 - Je me retourne
3 - Sirop de menthe
4 - Berlin
5 - Un garçon qui pleure
6 - Je finirai à brest
7 - Madame
8 - Tous les jours que
9 - Champagne et champignons
10 - Que se passe-t-il
11 - Au bord de la piscine
12 - La mer est belle
13 - La fin du monde

 

 

 

Site Officiel : http://garner-music.fr
Facebook : https://www.facebook.com/garnermusicproject

 

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