thomas suinot

 

Thomas Suinot, s'est d'abord intéressé au théâtre avant de se tourner vers l'écriture. Il est actuellement journaliste pour des quotidiens de jeunesse. Son premier livre "La mort de l'amour" est publié alors qu'il n'a seulement 19 ans. Passionné de musique, Thomas Suinot a fondé son propre groupe de musique en 2007, les "Skinny Bitches". Dorénavant il s’attelle à l’écriture de plusieurs scénarios, ainsi que de son prochain ouvrage, tout en continuant d’autres projets artistiques.

"J'ai commencé ce livre à mes dix-sept ans. Il fallait que j'écrive. Je me souviens que j'avais retrouvé des morceaux de papier, contenant les trames de fond principales de La mort de l'Amour, écrits depuis pas mal de temps, en espérant en faire une nouvelle. En les relisant j'ai voulu construire une histoire beaucoup plus complexe et intéressante. Je les ai ensuite mixés avec des bribes de mon journal intime, d'extraits de lettres adressées à mes anciennes petites amies (ou de leurs réponses), des souvenirs d'enfance, de poèmes écrits quand j'étais petit et de textes de mes groupes de musique favoris. Pour composer mon récit je me suis inspiré de nombreux films que je visionne sans cesse et que je trouve magnifique dont Elephant, Pulp Fiction, Dédales, Dolls, Requiem for a Dream, etc. Mais aussi d'écrivains dont j'admire le travail.

Lorsque j'eus terminé la première ébauche de ce manuscrit, au beau milieu d'une nuit de printemps, j'ai poussé un grand soupir de soulagement. Comme l'a évoqué Pascal Pacaly, la douleur a besoin d'être écrite. Le deuil et l'amour ne s'éteignent jamais dans notre cœur, mais par respect pour nos âmes égarées, nous devons (sur)vivre. Se laisser bercer par un conte de faits sanglants, ne pas s'étouffer dans notre bocal d'oxygène meurtri. Et surtout: (re)trouver l'amour. Ultime poison de la vie dont le seul antidote est la réciprocité de celui-ci. Du fond du cœur, merci."

 

La Mort de l'Amour

la mort de l'amour

Couverture : Sylvia Hillard
Illustration de couverture : Ulysse Mauger et Claire Delallée
Préface : Pascal Pacaly.
Editeur : les 2 encres
Date de parution : Janvier 2008

Ce roman est composé de trois nouvelles narrant chacune le destin d'un adolescent en proie avec l'amour. Elias, jeune marginal, essaye de se relever d'une douloureuse rupture amoureuse... Le jeune homme n'en dort plus, contraint de se droguer et d'écrire pour (sur)vivre... Un jour il rencontre John et l'aide à se sortir d'un mauvais pas. John, lui, est l'inverse d'Elias, joyeux, naïf, un brin timide et maladroit, il rencontre l'amour avec Angélique, une étrange fille croisée lors d'une soirée qui lui a proposé un rendez-vous... Mais qui est elle vraiment ?

Sexe, drogues et amour sont les trois maîtres mots de ce roman noir, étrange et original. Trois vies qui s'unissent, se construisent et se détruisent au travers de trois styles de narration différents. Une histoire dont les secrets se révèlent au fur et à mesure de flash-backs, de poèmes et de pleurs.

"La mort de l'amour" semble être un exercice de style : 3 histoires entrecroisées, un style d'écriture pour chacun des personnages et une intrigue qui tient en haleine de bout en bout !

Thomas Suinot aborde le thème de l'amour, de la mort, mais aussi de la drogue, de la sexualité, de l'identité, du jugement des autres, de la folie, du désespoir, de la déception de grandir dans un monde qui n'est pas tel qu'on l'avait imaginé...

L'auteur utilise tantôt des phrases succinctes et des expressions très lapidaires qui marquent les esprits, entrelacées de définitions, de mots les uns à la suite des autres, et tantôt des descriptions plus longues et des phrases plus construites selon le personnage. Le récit nous plonge rapidement dans l'histoire. Difficile de poser le livre avant d'en être arrivé au bout !

L'ensemble du livre est très imagé, très cinématographique, on peut se représenter chacune des scènes à la perfection. Le récit n'est pas fixé ni dans le temps ni dans l'espace, le lecteur peut donc aisément s'identifier à l'un des trois personnages.

Le livre transporte avec lui tout un univers musical et cinématographique facilement identifiable. On entend presque une chanson d'Indochine sur les bords de la berge... et l'on a en tête des images du film "Requiem for a dream" d'Aronofsky.

La mort de l'amour annonce un début très prometteur de ce jeune auteur : Thomas Suinot. Il y a quelque chose de fort et d'universel dans son récit. Des blessures d'amour et d'amour propre que chacun à pu ressentir dans sa propre vie et qui resurgissent au travers de l'histoire de ces personnages à la fois très noirs mais aussi très humains et attachants. Un très bon premier livre !

 

Démissionne ou je détruis ta vie

démissionne ou je détruis ta vie
Editeur : Kirographaires (12 mai 2011)

Baptiste Scotch est un journaliste parisien à la vie particulièrement mouvementée. Entre son travail, sa vie sexuelle où les filles ne sont que de passage et ses addictions aux drogues vient s’immiscer un terrible désir de vengeance lorsqu’un de ses collègues lui fait perdre son poste. Petit à petit, le contrôle de son existence lui échappe…

Notre avis : "Il ne faut jamais prendre son lecteur pour un con. Mais il ne faut surtout pas oublier qu’il peut l’être". (Page 40)

On retrouve dans ce second roman l’atmosphère du premier, l’auteur dépeint avec une certaine désillusion une société très moderne mais décadente, des relations plus sexuelles qu’humaines et un quotidien noyé dans les drogues, l’alcool, les faits divers et le sexe.

Le "héro" sortant d’une enfance difficile où il a appris à se construire seul, refuse de voir l’amour l’atteindre de nouveau. Entre garçons et filles… il ne se refuse aucunes possibilités. Il vit ses relations de manière superficielle les fuyant dès qu’elles pourraient prendre un tournant plus affectif. Pourtant il ressent un amour fort, pour cette femme qui le trouble et avec qui la relation pourrait être parfaite : Natacha, jeune auteur.

"Ce n’était pas supposé se dérouler comme ça, il est hors de question que je sois prisonnier d’amour, je dois garder ma liberté totale, je ne veux pas, je ne veux pas penser tout le temps à elle, être dépendant d’elle, je ne veux pas… Mais c’est tellement bien… " (Page 118)

Les relations prennent une grande place dans le roman, mais l’intrigue tourne autour de Vincent, un collègue de travail qu’il souhaite voir virer et pour cela il va élaborer un plan très diabolique qui va au delà de l’imagination et au-delà de l’éthique...

Thomas Suinot ajoute à son récit énormément de références de films, de musiques, de sites, "des métro de rire", peut être pour ancrer son récit dans le réel ou tout simplement pour dénoter la grande actualité de son roman. En tout cas avec ou sans référence c’est effectivement cet univers là qui nous vient à l’esprit à la lecture de certain passage. Thomas Suinot sait créer un univers noir, assez glauque presque malsain à la manière d’un "Millénium" (trilogie de Stieg Larsson) mais que l’on a quand même envie de connaitre et dans lequel on s’immerge rapidement.

 

Site officiel de Thomas Suinot : http://suinot.com/

 

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