christine clerc

 

Christine Clerc est née le 31 octobre 1942. Sa mère a fuit la ville du Havre sous les bombardements. Son père, prisonnier dans un stalag allemand, s’évade et la rejoint à Lyon. Quand ses parents regagnent le Havre, la ville est entièrement démolie : les albums de photos familiaux montrent un paysage lunaire.

Chez les Dominicaines du Havre, puis en pension au collège Notre-Dame des Oiseaux (chez les religieuses que fréquentèrent aussi Martine Aubry et Ségolène Royal) Christine Clerc rêve de découvrir le monde et d’abord, la France.

Etudiante à Sciences Po, Christine Clerc épouse à 19 ans un interne en médecine. Deux garçons naissent. Mère au foyer, elle traduit des romans policiers pour la Série noire Gallimard et s’inscrit à l’Ecole du Louvre, où la grande Égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt lui transmet son amour de l’Egypte.

En 1970, Christine Clerc entre à l’Express sous la direction de Françoise Giroud. Elle devient gaulliste en effectuant une recherche sur les thèmes gaulliens à travers les discours du Général. Son premier grand reportage "Comment vit-on avec 1000 francs par mois ?" la mène des filatures du Nord aux vignobles du Languedoc et lui fait découvrir la réalité sociale du pays.

1972, Claude Imbert et Jacques Duquesne quittent l’Express pour créer Le Point. Ils lui proposent de les suivre. L’aventure la tente. Après avoir lancé Michèle Cotta et Catherine Nay dans le journalisme politique, Imbert lui confie une chronique sur les "leaders" de l’économie. Découverte du monde des "grands patrons", jusque là très fermé à la presse.

En plus de ces chroniques, Imbert confie à Christine Clerc de grands reportages à travers la France : sur les hôpitaux, le monde rural, les handicapés, la vie ouvrière, l’immigration…puis, sur les Français au Brésil, les Français aux Etats-Unis… Par la suite, Christine Clerc publierai aussi – toujours au Point- de grands portraits-interviews d’artistes comme le chef d’orchestre Lorin Maazel, les peintres Leonor Fini, Vieira da Silva et Paul Delvaux.

1979-1985 : Parallèlement, Christine Clerc réalise des portraits et des grandes enquêtes pour les revues Réalités, Connaissance des Arts, Vogue, Spectacle du Monde, Point de Vue et Reader’s Digest : reportage sur les monastères après le concile Vatican II, portraits du Pr de médecine Hubert Montagner, de l’artiste Jean-Pierre Reynaud, du couturier Yves Saint-Laurent, de l’écrivain Françoise Sagan.

En 1979, sous la direction d’Eliane Victor, Christine Clerc entame une collaboration avec le magazine Elle. Grands portraits et interviews de femmes – architecte comme Charlotte Perriand, responsable des musées nationaux comme Françoise Cachin, politique comme Marie-France Garaud ou Bernadette Chirac.

1981- 1995 : Appelée par Louis Pauwels, Christine Clerc entre au Figaro-Magazine. A l’époque, le magazine est diabolisé pour ses prises de position droitières. Mais l’exploration du monde politique la tente. Christine Clerc participe en outre, chaque dimanche, au Club de la Presse d’Europe 1 animé par Jean-Pierre Elkabbach.

En 1982, revenant sur les lieux de ses enquêtes à travers la France, revoyant, à quelques années de distance, les mêmes familles, Christine Clerc publie le récit d’un tour de France sous le titre "Le Bonheur d’être Français" (Grasset). Ce livre lui vaut d’être le premier grand reporter qui ait exploré la France plutôt que l’Asie ou l’Afrique à recevoir le Prix Albert Londres.

En 1986, Patrice Duhamel l’engage à RMC pour interviewer, tous les matins à 7h45 une personnalité politique. Christine Clerc prend goût au direct.

En 1995, Franz-Olivier Giesbert ayant pris la direction du Figaro, Christine Clerc le rejoins pour mener de grandes enquêtes sur des sujets de société : le renouveau religieux (des bouddhistes aux musulmans), la violence à l’école, l’immigration, la Corse. Un de mes articles me vaut, lors d’un séjour au dessus d’Ajaccio dans le village de Tolla, de retrouver ma voiture mitraillée.

En effet dans un billet d'humeur intitulé "Eteins le feu et tire-toi !", publié le 1er septembre, Christine Clerc avait dénoncé l'attentat à l'explosif contre la voiture d'un policier à Tolla, le 20 août qui le contraignait à quitter l'île Corse. Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2003, Christine Clerc est victime d'un attentat, son véhicule est criblé de balles à Tolla, en Corse du Sud. Fort heureusement Christine Clerc ne se trouve pas dedans au moment des faits. Cet article lui a valu de nombreux reproches de la part des habitants du village et du maire, Jean-Baptiste Casalta, qui l'ont accusée de donner une mauvaise image de la Corse. La journaliste a déclaré ne jamais avoir été attaquée ou menacée en raison de son activité journalistique auparavant. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie de l'enquête.

1991-2006 : Engagée par Philippe Labro à RTL, Christine Clerc remplace pendant ses vacances, dix semaines par an, l’éditorialiste maison ( Philippe Alexandre, puis Alain Duhamel). Elle apprend par voie de presse que le successeur de Labro la remplace par Franz-Olivier Giesbert.

Christine Clerc quitte le Figaro pour retrouver sa liberté.

Après avoir participé à la Commission présidée par Blandine Kriégel sur "la violence et la pornographie à la télévision", après avoir enseigné pendant un an à la nouvelle école de journalisme de Sciences Po, Christine Clerc décide de se consacrer surtout à la rédaction de livres.

 

Le Bonheur d’être Français

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Récit d’un tour de France. Prix Albert-Londres

Christine Clerc en avait assez d’entendre dénigrer les Français. Elle ne supportait plus que soit opposé le miracle allemand, ou japonais, au "mal français". Alors, elle est allée sur le terrain voir ce qu’il en était vraiment. Son enquête l’a menée dans les usines de Pont-à-Mousson, à la verrerie de Baccarat, mais aussi dans le vignoble languedocien et les ateliers lyonnais. Chez les marins-pêcheurs des Côtes-du-Nord, mais aussi chez les grévistes de Manufrance. Et elle a découvert un pays formidable.

Chemin faisant, elle a visité la basilique de Vézelay avec François Mitterrand, goûté la cuisine du lycée hôtelier de Chamalières, en compagnie de Valéry Giscard d’Estaing, déjeuné chez Bernadette et Jacques Chirac, fait le marché avec Paul Bocuse…

Mais ce sont surtout les Français anonymes qu’elle a voulu écouter et regarder vivre, en famille, à leur travail, à table, au bal, autour d’un terrain de football ou sur la plage. Car ce sont eux –ouvriers et infirmières, postières et ingénieurs, boulangères et informaticiens – qui ont fait de la France ce qu’elle est aujourd’hui : un pays enraciné dans son passé, mais un pays créatif, travailleur et capable de surprenantes adaptations.

 

Dimanche 16 mars 1986, 20h

dimanche 16 mars 1986

Histoire du 1er gouvernement de la cohabitation.

En fin d’après-midi le Président de la République reçoit le Premier ministre : - J’ai lu votre communiqué. Si je comprends bien, c’est la guerre ? Le Premier ministre ne se laisse pas déconcerter. Il découvre qu’il a soudain un autre homme en face de lui. Avait-il donc rêvé quand il avait cru trouver un nouveau Président, féroce mais charmeur, ironique mais paternel, attentif et même presque complice ? Le charme, en tout cas, est rompu. L’acte I de la cohabitation –le plus agréable – s’achève.

- Non, Monsieur le Président, lui répond-il, ce n’est pas la guerre. Mais, en grâce (Mitterrand lève un sourcil : pourquoi le Premier ministre dit-il toujours "en grâce" et pas "de grâce" ?), convenez qu’il est impensable pour moi d’apposer ma signature au bas d’un texte qui vise tout simplement à abolir les institutions de la Ve République auxquelles tous les partis de la majorité sont profondément attachés. Le général de Gaulle…

Mitterrand l’arrête d’un geste excédé : - Oh ! laissez donc de Gaulle où il est, je vous en prie. Il ne vous aurait pas permis d’interpréter sa pensée. Il avait bien plus d’audace et de réalisme que vous ne lui en prêtez. Qui vous dit que, s’il était resté, il n’aurait pas réalisé, quinze ans avant moi, la réforme que je projette de mettre en œuvre ? Vous aviez une chance de la conduire avec moi et d’y associer votre nom. Vous ne le voulez pas ? Je la ferai donc sans vous.

 

L’Arpeggione

arpeggione

"L'Arpeggione de Schubert: ça voudrait être gai. Mais ça n'y arrive jamais vraiment..." L'Arpeggione, la sonate préférée d'Anne quand elle était élève au Conservatoire. Depuis, dix-huit ans ont passé. Elle a renoncé au violoncelle pour jouer son rôle d'épouse et de mère. Les gens disent qu'elle et Philippe vont bien ensemble. Elle l'a cru longtemps, mais la quarantaine approche et le réveil est brutal; au fond, a-t-elle jamais vraiment aimé ce mari qui l'étouffe, qui a tué en elle toute initiative ? Qui lui a offert la sécurité matérielle, mais à quel prix? Le réveil, c'est un poste de conseiller musical, une tournée dans le Midi, un jeune amant. Elle retrouve Verdi, Mozart, elle redécouvre le travail, la création, les autres et surtout elle-même. Le corps exulte. L’âme renaît. Mais Anne ressemble à l'Arpeggione…

 

Chronique d’un septennat

chronique un septennat

Le matin du 10 mai 1981, Jacques Delors prend un verre chez Christine Clerc. Le soir, quand François Mitterrand arrive au siège du parti socialiste pour fêter sa victoire, elle l’y attend avec les Rocard.

Giscard, abandonnant les "couleurs du veuvage", se présente-t-il aux élections cantonales ? Il l’invite dans son château d’Auvergne.

Jacques Chirac parcourt-il les provinces ? Elle l’accompagne dans son avion privé… avant de rejoindre Raymond Barre dans les "bouchons" lyonnais.

Le Monde publie des révélations sur l’affaire Greenpeace : ce jour-là, précisément, elle déjeune avec Charles Hernu quand son aide de camp apporte au ministre de la Défense l’article à peine sorti de l’imprimerie. Un an plus tard, Edouard Balladur, qui assure l’intérim du Premier ministre en voyage, l’invite à déjeuner à Matignon… le jour où les étudiants manifestent contre le projet de loi Devaquet.

Mais il n’y a pas que la politique dans la vie. Curieuse de tout, elle assiste au tournage du dernier film de Romy Schneider, passe une journée avec les cheminots en grève et recueille, dans leur loge, les confidences de Guy Bedos, Robert Hossein ou Ruggiero Raimondi. Elle confesse le professeur Schwartzenberg et Mgr Lustiger, sans oublier Coluche… et l’abbé Pierre, qui l’accueille dans sa cellule de moine à Saint-Wandrille.

Toujours là au bon moment, respectée pour son indépendance d’esprit et son talent, Christine Clerc a été la confidente et le témoin privilégié de la plupart des évènements, grands et petits, qui ont façonné le septennat de François Mitterrand.

Voici sa chronique : film passionnant. Et véritable aide-mémoire : pour mieux comprendre un passé récent, en même temps qu’éclairer un avenir proche.

 

La guerre de Mitterrand – la dernière illusion  Avec Josette Alia

guerre de mitterrand

Un monument d'investigation. Deux journalistes, Josette Alia du Nouvel Observateur et Christine Clerc du Figaro-Magasine ont suivi quotidiennement jusque dans les coulisses, les grands acteurs qui ont fait entrer la France dans la guerre du Golfe. Tractations occultes pour négocier la libération de nos otages, envoyés très spéciaux auprès de Saddam Hussein pour sauver la paix, conversations téléphoniques du président de la République, en pleine nuit, avec Bush et Gorbatchev. Le héros de cette incroyable fresque, François Mitterrand, ambigu et souverain comme jamais, joue là le rôle le plus dramatique de sa carrière. Avec une poignée de soldats il réussit malgré tout à préserver l'image d'une France qui fait encore l'Histoire. La guerre du Golfe aura t’elle été la dernière grande illusion d'une nation qui ne veut pas abdiquer ?

 

Les Amants de Maastricht

amants maastricht

Giscard s’apprête à répondre. Mais Mitterrand consulte la grosse montre posée sur son bureau – un cadeau de l’explorateur Jean-Louis Etienne.

- Déjà 17h 35, s’exclame-t-il, soudain changé, presque primesautier. Et Jacques Chirac qui attend depuis une demi-heure !

Il se lève, très souriant.

- Eh bien, monsieur le Premier ministre… Giscard esquisse un mouvement, comme pour regarder derrière lui. Combien de fois, pourtant, s’était-il répété ce titre, "Monsieur le Premier ministre", pour s’y habituer ou forcer le destin. Mais c’est plus fort que lui : ça l’a totalement surpris. La joie l’envahit. D’un seul coup, il oublie le supplice du chat et de la souris que lui a fait subir Mitterrand.

- A plus tard, lui dit celui-ci en lui tendant la main. J’attends votre liste. Mais j’aurai la mienne, hein ? - A plus tard, monsieur le Président, dit Giscard, comme en rêve.

Il sort.

Dix-neuf ans après leur premier affrontement, voici de nouveau Giscard et Mitterrand face à face. Pour une réconciliation inattendue ou une ultime bataille ? Au fil de ce récit souvent féroce, le lecteur entre dans les coulisses de la nouvelle cohabitation qui se prépare.

 

Rendez-vous politiques

rendez vous politiques

Lundi en campagne dans les Yvelines avec Michel Rocard, mardi déambulant sous les lustres du Palais du Luxembourg aux côtés de René Monory, mercredi reçue à déjeuner par Edouard Balladur… Christine Clerc côtoie chaque jour les vedettes de notre classe politique.

Issu de ses chroniques de RTL, ce "bestiaire" politique en quatre vingt-un portraits réunit les ténors d’aujourd’hui (Giscard, Chirac, Rocard, Delors, etc.) et les voix de demain (Lalonde, Sarkozy, Villiers), les patrons de choc (Tapie, Bourges, Lagardère) et les porte-parole de la Société civile (Bernard Kouchner, Pierre-Gilles de Gennes, l’abbé Pierre). Christine Clerc y décrit leur parcours, leurs ambitions, leurs goûts… et, souvent, leurs blessures secrètes. Sous ces "choses vues" apparaît le vrai visage de femmes et d’hommes que les médias, à trop les montrer, ont fini par rendre opaques.

A la veille du "rendez-vous" électoral de mars 1993, ces Rendez-vous politiques nous font entrer dans l’intimité de ceux qui détiennent le pouvoir… ou aspirent à la conquérir.

 

Jacques, Edouard, Charles, Philippe et les autres

jacques edouard autres

Sur les traces de De Gaulle et de Pompidou, ils ont bâti la plus puissante force politique de France. Ensemble. Un travail, une amitié de vingt ans. Aujourd'hui, ils sont enfin aux portes de l'Elysée. Chirac, Balladur, Pasqua, Séguin, des noms, des visages si familiers... Mais qui peut se fier aux apparences ? Qui peut se contenter des images aseptisées que renvoie l'écran d'un téléviseur ? Christine Clerc s'est glissée comme une ombre derrière les masques paisibles et les communiqués de bon ton. Omniprésente, indiscrète. Que reproche Chirac à Balladur ? Et que cherche Pasqua ? De dîners houleux en courriers acerbes, les rivalités se précisent, les trahisons se multiplient et les querelles éclatent. Le destin de la France se joue-t-il aujourd'hui en coulisse ? Cent jours à l’Hôpital

Comme des milliers de Français qui foncent sur les routes, dévalent les pistes de ski, Christine Clerc se croyait invulnérable. Jusqu'à ce jour de 1993 où son cheval s'emballe et tombe sur elle. Bilan : quatre mois d'hôpital. Elle découvre alors la vie couchée et l'univers hospitalier. Pour y avoir effectué de nombreuses enquêtes, elle croyait le connaître. Mais il faut avoir attendu cinq heures allongé sur un brancard, parqué dans un sous-sol pour savoir à quel point les grands hôpitaux sont inhumains. Il faut avoir sonné en vain, la nuit, pour mesurer la pénurie d'infirmières. Il faut avoir réclamé pendant des heures un calmant pour comprendre à quel point les médecins sont indifférents à la douleur. Avec indignation souvent mais aussi avec humour et tendresse, Christine Clerc tient la chronique de ses cent jours à l'hôpital.

 

Journal intime de Jacques Chirac

journal intime chirac

Récit romancé

"Je sais que rien ne me sera épargné : ni les évènements internationaux qui changent les équilibres, ni les épreuves personnelles, ni les trahisons. Comme si un dieu impitoyable n’en finissait pas de me faire payer une facilité supposée de ma jeunesse : Les fées sur le berceau… " Je me demande parfois si je n’aurais pas suscité moins d’obstacles en étant petit et laid. Ou simplement affecté d’un double menton comme Edouard. La graisse les rassure. Moi, il paraît que j’ai une gueule d’acteur de cinéma - "Une gueule d’amour", a écrit un jour une romancière qui croyait me flatter. Ca marche aux Etats-Unis, mais en France ça ne fait pas "président naturel".

De quelles secrètes blessures s’est construite la destinée du président de la République ? Comment a-t-il appris à goûter cette solitude qui est désormais son lot ? Au fil des ans, de témoignages en confessions, Christine Clerc a reconstitué l’intimité d’un cheminement, cette lente ascèse qui, parfois, fait d’un simple chef de parti un homme d’Etat. Passant de la chronique aux vérités de l’âme, elle dévoile un portrait intime de Jacques Chirac, sans doute le plus subtil jamais brossé.

 

Journal intime de Jacques Chirac, tome 2 : Mai 1995- Mai 1996

journal intime chirac

"C’est un état étrange, m’avait prédit Mitterrand : comparable à nul autre. On se sent comme dans une bulle, en apesanteur. De là-haut, on se regarde au milieu d’une France rêvée où les visages sont souriants, où tout s’enchaîne, obéit au doit et à l’œil. Cependant, tout vous assaille : le franc est attaqué, le ministre des Finances exige des décisions immédiates, les chancelleries réclament des précisions rapides pour rassurer les chefs d’Etat amis, le Premier ministre, pris entre deux feux, se demande déjà s’il est bien raisonnable de réaliser vos promesses…. Vous êtes bombardé de notes, de requêtes, d’avis pressants. C’est une atmosphère d’angoisse folle et en même temps de bonheur inouï. Et vous, vous planez, intouchable, en état de grâce et en même temps d’une parfaite et terrible lucidité".

Du pénible démarrage de l’équipe Juppé aux conflits sociaux, des obsèques de son prédécesseur aux heurts entre partenaires européens, des attentats islamiques aux pilotes français retenus en otages en Bosnie, de l’art de devenir grand-père aux lourdes satires contre Bernadette, la première année de Jacques Chirac à l’Elysée aura été quelque peu mouvementée. Et quand Christine Clerc lui prête sa plume, le président de la République a toujours l’œil aussi vif et la dent dure.

 

Journal intime de Jacques Chirac, tome 3 : Exil à l'Elysée

journal intime chirac

"Bernadette et Claude ont au moins ce point en commun : elles craignent toujours que je pardonne trop facilement. Elles veulent me protéger de moi-même. Depuis le temps, pourtant, elles devraient savoir ! Combien d'ennemis n'ai-je pas étouffé sous les baisers ? J'observe Claude et Thierry Rey, curieux couple de copains, tellement plus modernes mais pas plus tendres l'un avec l'autre que Bernadette et moi. C est de famille, cette incapacité à s'extérioriser entre nous. La nostalgie n'est pas mon genre. Je n'ai jamais été fait pour le bonheur béat. A peine franchi un obstacle, il m'en faut un autre. Je m'ennuie dans les situations trop planes. Je me sens prisonnier. J'ai toujours eu besoin d'escapades, de fugues. En dépit - ou à cause - de mon père. " Quand on va se fourrer dans des mauvais coups, me répétait-il, il faut s'attendre à prendre des sales coups. " Un bien sale coup, en effet, que le résultat imprévu des élections législatives ! Jacques Chirac, suite à sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale, se voit désormais contraint de cohabiter avec un Premier ministre socialiste, deux ans seulement après avoir conquis la magistrature suprême. Du jamais vu ! Christine Clerc, en prêtant une nouvelle fois sa plume au Président, révèle les secrets et les rebondissements de cette année terrible : de la solidarité sans failles avec Alain Juppé aux recettes politiques soufflées par Ambroise Roux, des altercations avec Bernard Pons à Jean-Louis Debré pleurant la mort de son père, de la guerre entre les différents courants de la droite à sa débâcle. Une défaite et un exil à l'Elysée qui, paradoxalement, ont peut-être libéré Jacques Chirac.

 

Journal intime de Jacques Chirac, tome 4 : Le Suicide, juillet 1997-mai 1998

journal intime chirac

Une droite qui a succombé à la crise de nerfs. Un président de la République qui ne décolère pas contre les "nains politiques" qui dirigent l'UDF et le RPR. La haine palpable qui oppose Jean-Marie Le Pen à Jacques Chirac. Dans cette course au suicide, débutée il y a un an avec la dissolution de l'Assemblée nationale et accélérée par les propositions d'alliance lancées par le Front National lors des élections régionales, le chef de l'Etat tente désespérément de survivre. "Je ne me laisserai pas étrangler dans une des sombres coursives de l'Elysée, écrit-il grâce à la plume mordante de Christine Clerc. Je les sens tous rôder, qui avec sa dague, qui avec sa fiole, qui avec sa cordelette, mais je n'ai rien de l'agneau mené au sacrifice. Ma mission n'est pas achevée". Christine Clerc, en se glissant une nouvelle fois dans la peau du président de la République, rend compte, sans complaisance, d'un monde ubuesque, soudain saisi d'une forme de folie et attaché, semble-t-il, à sa seule perte.

 

Bérénice

berenice

Nous sommes dans la France de l'après-1968. Bérénice, fraîche journaliste politique à l'air d'enfant, s'approche du pouvoir. De trop près ? Charles Maubrac, ministre gaulliste dont la courte taille est compensée par l'énergie intense qu'il déploie à conquérir les coeurs, veut la séduire. En serait-il vraiment amoureux ? Robert Monfort, le premier secrétaire du parti socialiste, fin manoeuvrier, la fascine par son éloquence de jouisseur. Se moquerait-il de sa proie trop naïve ? Entre ces deux fauves qui sentre-dévorent, Bérénice, la fausse ingénue, joue de l'orgueil des hommes, se brûle sous les ors des palais nationaux, apprend le langage de la raison d'Etat. Est-on libre d'aimer qui l'on souhaite quand on commande au pays ? Bérénice, malgré elle, malgré eux, se sacrifie, demeure dans l'ombre, mais bien des années et une cohabitation plus tard, elle aura sa revanche... Christine Clerc a écrit ici un roman à clefs, tout en portraits cruels : choses vues sur la scène du théâtre des vanités que fut toujours le monde politique. Le lecteur reconnaîtra sans peine, dans le silence de l'Elysée, un président qui se meurt en fin de règne, un gaulliste à l'ambition fiévreuse, un leader socialiste concupiscent, un Corse comploteur, une aristocrate à la parole assassine, et d'autres encore, les comparses d'une tragi-comédie dont Bérénice reste la plus émouvante figure.

 

Les de Gaulle, une famille française

les de gaulle francaise

La famille de Gaulle n'a pas attendu la grandeur du général pour défendre et illustrer à sa manière une "certaine idée de la France". La bonne idée de ce livre est de faire la biographie d'une famille pour en dégager le profil caractéristique. À l'heure où bon nombre d'hommes politiques se proclament les héritiers d'un gaullisme politique, Christine Clerc sonde le comportement psychologique des Gaulle. Elle découvre qu'il existe déjà chez les aïeux du général une même attitude frondeuse et héroïque, une certaine façon de défendre activement ses idées. Sous la IIIe République, personne ne pourra empêcher par exemple le père du général, Henri de Gaulle, d'être professeur chez les jésuites et de se proclamer ouvertement dreyfusard. Rien de paradoxal là-dedans pour un de Gaulle. Il est vrai que les Gaulle sont conservateurs, patriotiques et catholiques. En même temps, ils sont "républicains de raison" comme le dit Henri de Gaulle et prônent une grande tolérance en matière de culte religieux. Par ailleurs, Christine Clerc dévoile un Charles de Gaulle inattendu, portraituré au milieu des siens, en toute simplicité...

 

Lettre à un petit garçon

lettre a un petit garcon

"Il y a les baisers d'oiseaux qui se picorent, se goûtent, jouent à s'attendre et à retarder leur plaisir, et les baisers où l'on se boit, où l'on voudrait donner toute son âme... " Comment parler d'amour à un petit garçon qui entre dans un monde où sexe rime trop souvent avec violence ? D'abord, en lui montrant que la tendresse n'est pas une faiblesse : il faut être fort pour savoir être tendre. Apprendre à connaître les femmes, à respecter leur différence, à les apprivoiser, c'est une initiation au bonheur : "L'Amour, si tu savais !" L'amour, avec ses rites, ses caresses, ses mensonges aussi, et ses ruptures. Car Christine Clerc n'élude rien : ni la guerre des sexes, ni la prostitution, ni le viol. Là, la grand-mère attentive retrouve sa plume de pamphlétaire : comment, s'indigne-t-elle, est-on passé de la libération sexuelle à un véritable "totalitarisme porno" ? Au-delà d'une éducation sentimentale, c'est une réflexion sur notre "meilleur des mondes", où l'on transmet si peu le respect de l'autre et l'amour de la vie, que propose Christine Clerc. A tous les petits garçons d'aujourd'hui, mais aussi à toutes les jeunes filles qui lui ont confié leurs rêves, elle adresse ce message : "Aimer, c'est faire acte de résistance".

 

Le Bonheur d’être Français

christine clerc

"Je me souviens du directeur de chantier du viaduc de Millau, une espèce de capitaine Haddock à barbe blanche. Nous arpentions, par grand vent, le premier tronçon, jeté au-dessus du vide, du pont géant. Soudain Jean-Pierre M. s'arrêta pour contempler les hautes piles de béton s'élançant vers le ciel. Sa cathédrale à lui. Je me souviens d'Isabelle S., ouvrière et directrice d'une usine de confection dans le Pas-de-Calais, prenant juste le temps, à l'heure du déjeuner, de s'asseoir avec ses camarades autour des machines à coudre pour manger une tartine. Je me souviens de Fatima H., mère de famille marocaine qui vient d'obtenir la nationalité française. " Avant, me confia-t-elle, j'étais une immigrée qui parlait à d'autres immigrées. Maintenant, je suis la France qui leur ouvre les bras". "Parce qu'elle en avait assez d'entendre parler du " déclin français ", Christine Clerc a repris la route. Du Pas-de-Calais au Lot-et-Garonne, en passant par la Lorraine, elle a visité des usines, des fermes, des hôpitaux, des collèges. Elle a rencontré des centaines de Français sur leurs lieux de travail ou de loisirs et chez eux, en famille. Comme il y a vingt-deux ans, quand son premier ouvrage déjà intitulé Le Bonheur d'être français (Grasset, 1982) lui valait le prix Albert-Londres, elle revient avec un livre de colères et d'émerveillements. Un livre tonique. Ah ! Si les Français savaient quel est leur bonheur !

Notre avis : Ingenious Mag a rencontré Christine Clerc lors de la présentation de son ouvrage "Le bonheur d'être français" le 17 mai 2004 à Sophia Antipolis, et c'est avec grand plaisir que l'on se laisse emporter au fil d'un récit autant passionnant qu'enthousiasmant.

Christine Clerc énonce les choses de manière simple, concise, sans perdre le fil du récit et avec un certain optimisme. Elle nous dresse un paysage français plein de beautés, de richesses, de valeurs et de volontés. Une France telle qu'on aimerait la voir plus souvent aux informations télévisés. Elle déplore d'ailleurs le côté obscur des médias qui donnent une image, non pas fausse, mais incomplète, et pas significative de ce qu'est vraiment la France, des médias qui préfèrent le scandale, la violence, la haine, le chômage et l'échec... plutôt que de montrer tous ces extraordinaires exemples de réussites que décrit très bien Christine Clerc dans "Le bonheur d'être français".

Une bouffée d'air pur qui donne envie de croire que le futur sera meilleur, qui donne envie de laisser de côté nos craintes le temps d'un livre et c'est déjà pas si mal !

 

Tigres et Tigresses

tigres et tigresses

Pour la première fois, ce livre nous plonge dans la vie de couple des Présidents, en disséquant Les liens obscurs et puissants qui les unissent au pouvoir. Trompées avec d'innombrables rivales, sacrifiées à la dévorante passion de La politique, déshabillées, épiées, critiquées, les épouses des chefs d'États résistent pourtant. Par devoir. Par amour. Et parce qu'Ils ont besoin d'elles.

 

De Gaulle-Malraux – Une histoire d’amour

de gaulle malraux

Portrait croisé du Héros et du Poète.

Quoi de commun entre le militaire élevé dans la foi catholique et la rigueur, depuis longtemps entré au service de la France, et l'artiste séduit par le dadaïsme, fasciné par les aventuriers dans ce qu ils ont parfois de plus trouble ? Rien, mis à part que le militaire est avant tout un intellectuel, et que l'intellectuel devenu soldat a "épousé la France".

Le Général et le Poète se rencontrent peu après la Libération, Malraux lui est présenté à l'hôtel de Brienne, où de Gaulle, comme président du Gouvernement provisoire, a installé ses bureaux. C'est un double coup de foudre. Pendant un quart de siècle, de Gaulle et Malraux ne vont pas se quitter. Ils s'admirent mutuellement, vivent une relation mouvementée, faite de grands moments d'exaltation mais aussi de déchirante tristesse. Bref, une histoire d'amour...

 

Carnets intimes de Nicolas Sarkozy

carnets intimes sarkozy

Quel président de la République française fut animé d'une telle volonté de puissance? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il opéré sa mue de président " bling- bling en champion d'une gouvernance mondiale ? Christine Clerc se glisse dans sa peau. Au rythme haletant de ses joggings et innombrables voyages, elle retrace quatre années d'épreuves personnelles depuis le départ de Cécilia - quatre années, aussi, de colères, de grisantes victoires et de combats pathétiques contre l'impuissance du pouvoir. Nourris de confidences de l'entourage proche du Président et de scènes croquées sur le vif, ces carnets intimes nous font vivre les tourments d'un homme blessé par l'absence de son père, vulnérable devant les femmes, mais déterminé à prouver sa réussite au monde entier. 

 

Le pape, la femme et l'éléphant

pape femme elephant

"Comme des millions de baptisés, je m'étais éloignée de la pratique religieuse. Ma position était confortable : je faisais partie de la famille catholique, mais sans en subir les interdits ni les secousses. Jusqu'au jour où une petite Brésilienne... ". Qui ne s'en souvient ? En mars 2009, une fillette violée par son beau-père est enceinte de jumeaux. Sa mère la fait avorter. Elle est excommuniée... Pour Christine Clerc, ce drame agit comme un électrochoc. Comment l'Église de l'Évangile en est-elle arrivée là ? La défense de la chrétienté menacée empêcherait-elle de dire certaines vérités ? L'auteur entreprend une enquête à travers l'histoire et au sein du monde catholique. Elle interroge des prêtres et des fidèles. Elle découvre qu'elle n'est pas seule, loin de là. Chemin faisant, elle croise l'éléphant de Pline l'Ancien, qui lui fournit une clé de la morale sexuelle des Pères de l'Eglise, encore si présente dans les encycliques papales. Elle rencontre aussi des membres de l'Opus Dei. Pourquoi Jean-Paul II s'appuya-t-il sur cette puissante organisation conservatrice ? Pourquoi étouffa-t-il durant tant d'années les scandales des prêtres ou évêques pédophiles ? Et pourquoi les papes Paul VI, Benoît XVI et lui-même ont-ils mené leur combat le plus acharné non contre l'argent-roi, mais contre la contraception ? Au terme d'un témoignage plein de chagrin, de colère, mais aussi d'humour, Christine Clerc s'adresse au pape : "Vous ne sauverez pas l'Eglise sans les femmes ! N'ayez pas peur ! "

 

Les conquérantes

les conquerantes

Elles arrivent ! Députées, ministres ou maires de grandes villes, les femmes sont encore minoritaires dans le paysage politique français. Mais les voici partout en première ligne pour les prochaines batailles municipales, européennes et présidentielle. Libérées de leurs complexes, instruites par l'expérience de pionnières comme Martine Aubry, elles ont appris à jouer de toutes les armes masculines : l'audace, le calcul, le mensonge... auxquelles s'ajoutela séduction qu'elles n'ont plus peur, telles Rachida Dati, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet, de déployer. Ce sont des combattantes. Avant d'affronter les hommes de leur camp et des partis adverses, elles ont dû se confronter à ceux de leur propre famille : un père autoritaire comme celui de Ségolène Royal ou de Marine Le Pen ; un mari supportant mal, comme ce fut le cas d'Antoine Veil, de voir son épouse faire la carrière dont il aurait rêvé. Car si les hommes de pouvoir ont eu longtemps la chance d'être soutenus par des compagnes dévouées à leur carrière, les femmes politiques ont toujours dû composer. Elles ont puisé en elles une énergie hors du commun : pour assumer plusieurs vies en une. En douze portraits (les pionnières : Veil, Royal, Aubry ; les hussardes : Le Pen, Dati, Filippetti ; les Américaines : Lagarde, Taubira ; les futures reines : Kosciusko-Morizet, Pécresse, Hidalgo, Duflot), nourris de vingt années d'observation et de confidences, Christine Clerc nous fait pénétrer dans leur intimité. Elle suit la route de ces femmes d'exception, met à nu leurs ambitions, leurs souffrances. Et leur férocité de tigresses.

 

Blog officiel : http://www.christineclerc.fr/

 

 

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